09.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 2

Au matin, le temps ne s'est pas vraiment arrangé. Au moins pas d'hésitation : j'enfile d'office la combinaison de pluie. Finalement ce n'est pas plus mal, vu qu'il fait froid. Je trace direct vers Saint-Flour, où je pars en quête d'une bombe de graisse pour ma chaîne, malmenée par toute cette flotte. Le premier bouclard moto est en rupture de stock. Le deuxième aussi. Avec quoi graissent-ils leurs chaînes, dans ce pays ? Une tranche de lard vissée sous le cache-chaîne ? Tant pis, je poursuis comme ça. La chaîne est neuve de toute façon, les toriques ne vont pas se flinguer de suite.

J'emprunte la superbe route de Pinols et Langeac. La dernière fois que j'y étais passée, c'était en mai. L'herbe était fraîche, les fourrés en fleur et le ciel d'un beau bleu printanier.

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A présent, l'herbe montre des signes de sécheresse, les fourrés s'avachissent sous la pluie et le ciel est d'un gris uniforme. En revanche la route semble avoir été regoudronnée, ce qui n'était pas du luxe. J'enroule donc en douceur sur le mouillé et me satisfait pleinement d'être seule, ici, sans croiser aucun véhicule, avec les odeurs d'humus et de bonne terre pour compagnie. Pas de vague à l'âme : même dans la grisaille, bien a l'abri de vêtements étanches, la moto c'est le bonheur...

Je franchis l'Allier et frôle le Forez jusqu'au Puy-en-Velay. Le temps ne se prête toujours pas au tourisme mais les routes du coin sont prometteuses. Je fais donc un beau détour par les bords de Loire pour aller à Yssingeaux. La Loire ici n'est qu'une modeste rivière aux méandres rocailleux. On y voit toutefois de jolis châteaux, évidemment bien plus anciens que ceux qui suivent le fleuve d'Orléans à Angers. Je suis encore une fois quasiment seule sur la route et c'est un bonheur que j'apprécie infiniment.

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D'Yssingeaux je suis la route jusqu'à Montfaucon où je m'arrête pour un casse-croûte. Une petite échoppe à kébab m'accueille chaleureusement, je m'attable et engloutit quelques calories relevées de sauce harissa. Après cette petite pause, je traverse la forêt de Taillard jusqu'à Bourg-Argental puis Annonay. Je passe le Rhône à Serrières puis commence le long cheminement, tout droit, jusqu'à Voiron. Le temps se dégage et je peux, pour la première fois depuis Libourne, ranger ma combinaison de pluie. Quel bonheur de sentir l'air se faufiler à travers le cuir !
En bonne touriste qui ne connaît pas les chemins détournés, je me tape la pénible traversée de Voiron. Heureusement il y a moins de monde qu'en saison, mais ça reste casse-pied quand même. Je tombe par hasard sur un concessionnaire Yamaha et finis enfin par trouver une bombe de graisse pour chaîne. Ma Diablesse aura droit à un petit soin demain matin.

Ensuite la route de Chambéry est assez sympa, quelques coins qui tournicotent, d'autres coins avec une belle vue sur les montagnes. La route est de moins en moins mouillée et je peux donc m'amuser un peu. Les nuages omniprésents de part et d'autre de la route m'empêchent toutefois de prendre des photos intéressantes.

A Chambéry je m'aperçois que l'heure a bien tourné et qu'il ne faudrait quand même pas arriver trop tard chez Gilles. J'opte donc pour l'autoroute jusqu'à Annemasse. Il y a beaucoup de circulation sur les bords du lac Léman, sans doute les gens qui rentrent du travail. Le lac à gauche, la montagne à droite, c'est joli mais la route est trop chiante et trop peuplée pour en profiter pleinement. Finalement j'arrive à Anthy-sur-Léman sur les coups de 19h, je me perds un peu, Gilles vole à mon secours et nous descendons une bonne bière avant d'aller retrouver Kakiol et Mazée au restaurant du coin.

Mazée est venue sur sa superbe R1200R tandis que Kakiol a fait le trajet sur un engin japonais improbable aux formes disgracieuses. Nous lui jetons quelques cailloux puis nous attablons pour un délicieux dîner de poisson du lac et un excellent vin local. La soirée est fort agréable et j'ai un plaisir immense à retrouver des copains de Flatapak dans leur biotope. Une bonne nuit réparatrice et demain sera un autre jour... pluvieux !

A suivre...

08.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 1

C'est arrivé un peu par hasard. Claire, de passage à la maison, me propose de lui tenir compagnie lors de la manche allemande du Superbike. Le Nürburgring, c'est pas la porte à côté, et en ces temps de récession je trouve l'affaire assez peu raisonnable. Mais Sauval, sensiblement angoissé à l'approche de mon anniversaire ("mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir ?"), saisit la balle au bond et décide que ce voyage sera mon cadeau.

Bon, dans ces conditions, difficile de dire non.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais me faire un super road-book et en profiter pour aller voir des copains ! Ca tombe bien, l'Alsace est sur la traj' (enfin, la mienne...), depuis le temps que Robert et Marie nous proposaient d'aller les voir. Gilles m'envoie également un petit mot, le road-book est donc tout tracé : je passerai aussi par Thonon. :-)

La veille du départ, un coup d'oeil aux prévisions météo me fait beaucoup moins rigoler. Nous avons eu un été formidable et il va falloir en payer le prix : le temps annoncé sera dégueulasse sur tout mon itinéraire. Le soleil devrait revenir en même temps que moi. Gros soupir.

La moto est préparée, les bagages ficelés, nous sommes le 1er septembre et je me sauve sur les coups de 10h30.

Optimiste malgré le ciel maussade, je laisse la combinaison de pluie dans la sacoche de réservoir. Mon trajet me fait tout d'abord prendre la voie rapide jusqu'à Libourne. En arrivant aux abords de la ville, je croise des voitures visiblement mouillées. Ce n'est pas de bon augure, je m'arrête donc enfiler ma combi et, bien entendu, je ne la quitterai presque plus ces prochains jours...

Il pleut doucement sur les vignes du Pomerol, de Lussac et de Saint-Emilion. Je roule tranquillement dans les beaux paysages de l'Entre-deux-Mers. Une petite erreur d'aiguillage m'amène à Montpon-Ménestérol alors que j'avais prévu de la petite route jusqu'à Mussidan. Tant pis, je prends la roulante et retrouve la suite de mon itinéraire : Issac, Vergt, les Eyzies.

Il commence à faire faim, j'avise une petite sandwicherie à l'entrée du hameau touristique et engloutit un jambon (de pays) - fromage en devisant avec la taulière et un autochtone qui, indifférent au temps humide et frais, se descend une énorme glace. J'aime ces arrêts improvisés dans de petits établissements qui ne paient pas de mine ; une grande table en bois à l'abri d'une tonnelle, des gens du cru toujours prêts à discuter avec le touriste de passage, pour autant que l'invasion estivale soit passée, et la vue sur la moto, histoire de bien savourer pourquoi, comment on est là, et avec quel plaisir on y est arrivé quelles que soient, au fond, les conditions météo.

Rassasiée, je reprends la route pour suivre les superbes abords de la Vézère. Le temps, toujours aussi maussade, ne m'incite pas à sortir mon appareil photo. C'est dommage, l'endroit est superbe, entre habitats troglodytes, châteaux-forts et belles demeures en pierre perdues au détour d'un virage, sur une route fort peu fréquentée en cette fin de saison. La pluie fait ressortir les odeurs des sous-bois. Il doit y avoir des champignons dans le coin, l'eau m'en monte à la bouche. Tout est paisible et la nature semble respirer, rafraichie par cette eau qui semble avoir tant manqué cet été.

A Terrasson je fais le choix de petites routes de campagne plutôt que la bête nationale fréquentée par les camions et traversant de tristes zones commerciales jusqu'à Brive. Bien m'en prend : le bitume est correct, la route déserte tournicote et les paysages sont de toute beauté. Je poursuis ainsi par Larche, le Lac du Causse et jusqu'à Nespouls. Cinq kilomètres d'autoroute me ramènent ensuite à Noailles, d'où j'emprunte la belle D38 jusqu'à Beaulieu-sur-Dordogne.

Passage à Collonges-la-Rouge, la bien nommée...





Beaulieu apparaît fantomatiquement sur les rives de la Dordogne couverte de brouillard.



En remontant vers Argentat, la route est un peu séchante et je profite davantage des belles courbes. Ensuite le trajet jusqu'à Mauriac est assez monotone.
Un coup d'oeil aux montagnes me dissuade de passer par Salers et le col du Pas de Peyrol au Puy-Mary. J'ai déjà été surprise ici par une averse de grêle, ce n'est pas une expérience que je tiens à renouveller... Mais je m'en voudrais de ne pas profiter un peu des monts cantaliens. Je décide donc de passer par Riom-es-Montagne avant de redescendre sur Murat, pour mon étape nocturne.

Ce n'était pas une idée formidable. La pluie reprend et dans la montagne le brouillard s'en mêle. Les routes ont été copieusement arrosées de gravillons et pour finir je me trouve coincée derrière un camion. Pas franchement le bonheur. Je n'y vois pas grand-chose, il fait froid, ça glisse, je manque de peu le parapet d'un pont en tournant sur du gravier. Heureusement, à la vitesse où je me traîne, je ne me serais pas fait bien mal.

Ce qui s'apparente à une galère sans fin trouve toutefois sont point d'orgue sur les hauteurs de Murat. Une dernière petite virgule dans un rond-point un peu gras, et je peux laisser la moto dans le garage de mon oncle et me réconforter d'une bonne bière et d'un repas bien chaud en famille.

La suite au prochain épisode.

09.07.2009

Roulage du 5 juin au Bourbonnais (Moulins)

Sauval et le 900 SS

Le 996 et moi

08.06.2009

Roulage du 17 mai à Mérignac



03.06.2009

Kiki Week 2009

Jeudi 28 mai

Comme chaque année à la Pentecôte, nos amis ducatistes savoyards reçoivent à domicile : c'est la Kiki Week, où l'on aime à retrouver quelques copains pour 3 soirs de fête et 2 jours de roulage.
Megève ce n'est pas la porte à côté, et compte tenu des paysages à traverser pour s'y rendre on décide de bien en profiter et donc de faire le trajet en deux jours. Ma Diablesse étant au garage pour une bête histoire de potentiomètre, je décide de faire la route avec le café racer. Du coup Patrick opte pour le 996 plutôt que pour le Monster, en se disant que de toutes façons si ça ne va pas, on pourra échanger nos motos.

Quelques mésaventures de chauffe-eau et de plombier retardent notre départ, aussi écourtons-nous le road-book initialement prévu : autoroute jusqu'à Mussidan. De là nous traversons la campagne en direction de l'est. Nous passons Vergt puis descendons vers les Eyzies, avant de remonter vers Terrasson. Il fait beau, les routes sont belles mais le revêtement jusqu'aux Eyzies plutôt endommagé ; Patrick souffre sur le 996, d'autant que l'adjonction de sacoches cavalières perturbe quelque peu le pilotage.

Rendus à Brive, nous décidons de changer de moto. Nous passons par Collonges-la-Rouge puis Argentat. La route est superbe et je trouve assez vite le "mode d'emploi" de la Diva lestée : ne pas trop ralentir dans les épingles, ne pas couper les gaz ni freiner une fois engagé dans le virage. Ca passe comme une lettre à la poste, même sur les pires revêtements.

Petite pause à 5 kms d'Argentat, pour se rafraîchir et grignoter quelques chips. Pour ne pas arriver trop tard chez tonton Serge à Murat, on laisse tomber le passage par Salers et le Puy Mary et on trace direct par Aurillac. Nous arrivons pile poil pour l'apéro. :)

Vendredi 29 mai

Le soleil brille, il fait encore un peu frais mais la journée promet d'être radieuse !
Nous nous dirigeons vers Saint-Flour puis le Puy-en-Velay par les petites routes de la Haute-Loire, via Langeac. Nous sommes seuls sur la route, les paysages sont de toute beauté, quelques vaches paissent paisiblement à flanc de coteau. La vie est belle !

Nous traversons le Forez puis la vallée du Rhône. Après, c'est tout chiant jusqu'à Voiron (Grenoble), puis Chambéry, Albertville et enfin Megève par une dernière petite route de montagne particulièrement technique. Nous arrivons les premiers à l'hôtel, une fois n'est pas coutume !

Samedi 30 mai

Au programme, quelques cols, le lac d'Annecy, encore quelques cols, Beaufort et retour au bercail. Quelques nuages tentent de nous intimider mais le soleil domine et le groupe va bon train.



Dimanche 31 mai

C'est parti pour une expédition dans le Jura. Les nuages s'abstiennent de mauvaises surprises. Les routes de liaison ne sont pas passionnantes, mais la balade jurassienne vaut le détour. Les montagnes sont ici plus douces que dans les Alpes, les routes fort belles et les lacs bien paisibles.

Lundi 1er juin

Nous avons toujours un pincement au coeur de devoir quitter les copains et pour nous consoler nous décidons de faire durer encore un peu le plaisir de rouler en montagne. Direction le col de la Croix de Fer. Nous trouvons la pluie dans la montée, mais évidemment, le temps d'enfiler les combinaisons de pluie ça s'arrête. Il faudra rouler sur le mouillé jusqu'au sommet, c'est coton d'autant que la route n'est pas très bonne. Mais quels paysages sublimes !



Par le col d'Ornon nous rejoignons La Mure, Mens puis la N75 que nous suivons jusqu'à Serres. Le soleil perce par endroits, mais à mesure que nous descendons vers le sud les nuages se font de plus en plus menaçants. Finalement, lorsque nous obliquons vers Nyons et les gorges de l'Eygues, les nuages se dissipent : nous l'avons échappé belle ! Ca devait barder vers Sisteron.



Nous passons le Rhône à Bollène et décidons de nous arrêter à Bagnols-sur-Cèze pour la nuit.

Mardi 2 juin

Pour cette dernière journée de roulage le soleil ne nous quittera plus. Ce sera Alès, Anduze puis la corniche des Cévennes, les Gorges du Tarn, Millau, le lac de Villefranche-de-Panat par Saint-Beauzély, Réquista, Carmaux, Cordes-sur-Ciel, les gorges de l'Aveyron puis, la fatigue se faisant sentir, l'autoroute à partir de Montauban.

Vivement la prochaine Kiki Week !

18.05.2009

Dure, dure, la reprise

C'était hier ma première journée de circuit de l'année. Avec une moto entièrement nouvelle : un 1000SSie.

On pourrait penser qu'avec un peu plus de 100.000 kms en 800SSie, j'aurais facilement trouvé mes marques sur la grande soeur. Ben oui mais non, parce que rouler sur route et rouler sur circuit, c'est pas vraiment pareil.
Habituée à la petite Dayto qui patate partout et ne nécessite pas de tricoter avec la boîte de vitesse, j'ai d'abord eu un peu de mal à trouver les bons rapports de boîte sur une machine sensiblement plus "virile" mais avec moins d'allonge. Puis il fallait trouver la position qui me convient le mieux : c'est qu'elle est longue, cette selle ! Les bracelets rabaissés et les pots hauts contre lesquels cognent mes talons étaient également un peu déconcertants, lors des premiers tours de roue.

Après une session désastreuse dans mon groupe habituel (je sortirai même avant la fin, épuisée tellement j'étais tendue), je décide de repasser en Débutants et prendre le temps de m'habituer à cette moto, tranquillement. C'était la bonne tactique : je finis par trouver les bons rapports, le bon rythme, une position à peu près correcte (encore trop tendue dans les virages à gauche, mais ça n'est pas une nouveauté...) et je commence enfin à me faire plaisir.

La pluie ayant gâché la matinée, je n'aurai finalement tourné que pendant 2 sessions, et pourtant le soir j'étais épuisée. Pas facile de reprendre après 6 mois d'interruption !

On remet ça le 5 juin, sur un nouveau circuit dans l'Allier, et le 7 juin à Mérignac.

06.05.2009

J'adore cette moto.

Ben oui, je l'ai déjà dit un paquet de fois en parlant de Biquette, feu ma Ducati 800 Sport ie, et je n'ai vraiment pas changé d'avis avec la Diablesse, la 800 SuperSport ie qui lui a succédé.

La première grosse balade à son guidon ne fut pas de tout repos : mauvais pneus, injection complètement déréglée, le tout sous un temps de merde. Depuis que je lui ai mis de jolis BT016 (et une taille de moins à l'arrière) et que j'ai fait régler l'injeciton, je redécouvre le plaisir de piloter cette petite "sportive de route".

Un week-end Lot / Dordogne sous le soleil fut l'occasion rêvée de renouer avec mes bonnes sensations sur cette machine ; ça tracte dès les premiers tours, ça grogne, ça vibre, ça chante, ça se tient superbement bien en courbe et ça freine comme il faut. Le tout, sans sombrer dans les extrêmes : pas de risque de partir en wheeling sur un mauvais rapport de boîte ou un coup de gaz trop violent. 75 bourrins sous les fesses, c'est bien assez pour les petites routes viroleuses de campagne. Quand on attaque, c'est un plaisir de faire rugir le moteur en sortie de courbe, jouant à se catapulter d'un virage à l'autre sur la départementale qui relie Fumel à Gourdon. Quand on enroule, on se laisse bercer par le ronronnement du bicylindre et on cale le compteur sur 100-110, pas besoin de freiner ou de ralentir sur ces belles grandes courbes entre Sarlat et les Eyzies.

Le corps en osmose, bien calée derrière le réservoir, les jambes serrées autour de la taille de guêpe, les bras fléchis et la tête à l'abri des remous, je suis chez moi.

17.06.2008

GP de Catalunya 2008 (suite ter)

Jour 5

Nous retrouvons les autres au petit déjeuner. La plupart sont déjà prêts, un départ de groupe est prévu pour rentrer sur Bordeaux. Patrick et moi poursuivons nos vacances sur la Côte d’Azur, nous pensons partir vers 10 heures. A table quelques inquiétudes sont soulevées. Il semblerait que des routiers barrent les accès aux frontières. Difficile de savoir avec certitude ce qui se passe.
Nous décidons toutefois de nous en tenir au road-book que j’ai préparé, on verra bien sur place.

La Guardia Civil est présente pour le départ : les motos garées sur le trottoir seront fermement expulsées manu militari. Ca ne rigole pas, ici…

Finalement nous faisons nos adieux au groupe qui prend la route et achevons de ficeler nos bagages.

Le temps est menaçant mais j’ai décidé d’être optimiste et je me convaincs que notre itinéraire sera sec. Nous commençons donc par remonter sur Vic par la jolie petite route dont nous n’avions pas pu profiter à l’aller. Sous le soleil c’est beaucoup plus plaisant ! Nous remontons sur Ripoll puis nous empruntons la C26 jusqu’à Mollo, laissant les gros nuages menaçant à notre gauche. Ouf ! La route qui grimpe au col d’Ares est aussi jouissive que la célèbre Molina : beau bitume, beaux virolos, on se fait vraiment plaisir.
Passée la frontière, où il n’y a pas l’ombre d’un camion, c’est une autre chanson : bienvenue en France, avec ses routes à trous, à graviers et à raccords glissants !
Enfin on s’en sort bien quand même, les paysages sont de toute beauté et il fait quasiment beau !

A Céret nous suivons une petite route bucolique vers Thuir puis Estagel. Les routes des Corbières sont à tomber par terre… enfin, façon de parler : on est quand même mieux sur nos deux roues ! Par Tuchan et Durban-Corbières, nous nous laisserons émerveiller jusqu’à Narbonne.
Nous profitons d’une pause carburant pour faire le point. J’avais initialement prévu de remonter vers la Montagne noire puis de prendre la D908 vers Clermont-l’Herault, mais vers le nord le temps semble franchement orageux. Nous décidons de nous dégonfler et suivons la bête nationale 9 jusqu’à Béziers. Je fais un petit crochet par Agde et Sète pour voir le bassin de Thau, puis finalement nous raccordons l’autoroute.

Au passage de Montpellier, un gros orage nous serre de très très près. Juste quelques gouttes pour nous et nous poussons un soupir de soulagement tandis que l’embranchement vers Aix-Marseille nous éloigne de la menace.

Il n’y a plus qu’à prendre notre mal en patience et nous ennuyer jusqu’à St Cyr-sur-Mer, où je ne fais quitter l’autoroute pour un dernier petit baroud avant notre destination finale : Bandol.

Maman et Serge nous accueillent avec le sourire, ça fait du bien de se retrouver en famille !

16.06.2008

GP de Catalunya 2008 (suite bis)

Jour 4

Le car réservé par le club venant nous chercher à 8h30, nous nous trouvons dans l’obligation de nous lever comme les poules (enfin, des poules paresseuses hein).

Heureusement, comme la veille, il fait très beau. Des nuages bourgeonnent toutefois sur les reliefs. Croisons les doigts.

Pépère ayant convaincu l’hôtel de nous préparer des paniers pique-nique pour le midi en échange du repas du soir, nous embarquons deux cartons de bouffe et 70 excités dans un autocar et un minibus, pour une heure de trajet.
C’est sûr, ça va plus vite qu’avec le train.

On attend patiemment, comme tout le monde



Cependant le car ne nous laissant pas au pied de la tribune, il nous reste à faire un long trajet à pied avant de nous poser, déjà en sueur, sur nos petits sièges numérotés.
Ouf ! on ne ratera pas le départ des 125 !

De là où nous sommes, nous voyons à notre droite un bout de la ligne droite et le S à la sortie de la ligne droite, et à notre gauche un droit et le double gauche en dévers où se sortent régulièrement quelques pilotes.



Y’a déjà beaucoup de monde pour regarder tourner les p’tites. Je suis impressionnée par l’angle que prennent ces machines et la vitesse de passage en courbe ! Les 125 se battent comme des chiffonniers et, ne lâchant rien, un Di Meglio le mors aux dents s’attribue la victoire sous les vivats hystériques de la tribune L – la notre.
Derrière nous, les Espagnols boudent un peu et certains sifflent la Marseillaise. Bouh ! Mauvais joueurs !



Pour les 250 je ne sais pas qui soutenir vu qu’il n’y a pas de français ni de Ducati en course. Du coup pour emmerder les Espagnols indélicats, je souhaite une victoire de Simoncelli – j’aime bien sa tête !

Alors là, je dois quand même admettre que la victoire est amère.
Bautista domine la course de bout en bout, Simoncelli dans sa roue. Jusqu’au dernier tour on se demande si Simoncelli pourra lui faire l’aspi dans la ligne droite… Et voilà que Bautista commet une erreur, une bourde, une couillonnade de force 10 !! Sous nos yeux, oui, là, dans ce double gauche qui a déjà fait son lot d’abandons ! Simoncelli n’en perd pas une miette et s’attribue la victoire sur ce coup de théâtre.
Bravo aux deux pilotes qui nous ont fait frémir du début à la fin !

Nous devons à présent patienter 45 minutes avant l’apparition des stars. Le temps passe vite à grignoter nos sandwiches entre 2 hola. L’ambiance est à son comble, on annonce une fréquentation record de plus de 110000 spectateurs.
Le ciel est de plus en plus nuageux mais le circuit semble épargné... Pourvu que ça dure !

Sur les écrans, nous observons la grille de départ. Rossi 9ème, ça ne nous tracasse pas outre mesure : il se sert des qualifs pour continuer la mise au point de sa moto et le jour de la course, il remonte tout le monde comme un diable.
Nous déplorons l’absence de Lorenzo mais après sa sévère chûte il n’avais plus le choix. Il va manquer quelques courses. C’était un beau prétendant au titre, ça sera peut-être pour l’année prochaine.

Ca y est, c’est l’heure ! Les motos s’élancent et Pedrosa s’octroie rapidement la première place, Stoner aux basques. Nous suivons la progression de Rossi. Comme prévu, il fait sa remontée presque comme si de rien n’était.
De Puniet se place en 5ème position, nous l’encourageons tous, supporters de Rossi ou de Stoner (ou même de Pedrosa, y’en avait un ou deux dans notre groupe avec un polo Honda Repsol…). Si seulement il pouvait garder cette très bonne place, lui qui aime tant le circuit de Catalunya. Si seulement. Mais voilà, Randy est abonné aux graviers du premier droit après la ligne droite. Nous sommes déçus et un peu en colère aussi, qu’est-ce qu’il a encore essayé de faire cette fois-ci ?
Le spectacle continue cependant. Rossi et Stoner se tirent la bourre tandis que Pedrosa creuse l’écart.
Loin derrière, c’est Melandri et West qui assurent le spectacle quand le trio de tête est à l’autre bout du circuit : dans le double gauche, ça se passe et ça se repasse, c’est beau, on applaudit, tant pis si ce sont les derniers. Ils se battent, les bougres !

Inquiets, nous ne voyons plus Capirossi. Grosse chûte apparemment. Ca, c’est vraiment ce qu’on souhaite voir le moins souvent.

Sans surprise, Pedrosa l’emporte devant un Rossi qui finit par planter Stoner dans son sillage. Sauval et moi sommes désespérés, bah oui, on l’aime pas Pedrosa. On aurait mieux aimé voir Rossi devant.
Puis le choc de la journée tombe : sur les écrans, on voit Pedrosa sourire !!! C’est pas possible !!! Il a pris un conseiller en communication ou quoi ?

Nous quittons le circuit puis retrouvons notre bus. Tout le monde dort sur le trajet du retour.

Le soir, le restaurant si vaillamment négocié la veille tient ses promesses : c’est un festin délicieux et nos bruyants 70 passent un bon moment.
On s’éternise un peu autour des bouteilles de vin, le patron assaisonne nos cafés avec une gnole indéfinie, c’est sympa.

Puis je rentre à l’hôtel, Sauval me suivra peu après. Demain il faudra encore se lever tôt et faire les bagages.

GP de Catalunya 2008 (suite)

Jour 3

Cette fois-ci nous nous levons un peu moins tard et réussissons à prendre le petit déjeuner à l’hôtel. Le président de notre club, Pépère, n’aura pas cette chance : le temps qu’il fasse le tour des tables pour nous saluer (on est 70, quand même…), hop c’est 9h45, le service est fini, il aura juste le temps de prendre un café avant que la machine ne soit débranchée…

Pour aujourd’hui nous avons décidé d’aller voir les qualifications, en se disant que quand on en aurait marre, on retournerait faire du tourisme à Barcelone.

Alors il y a quand même une donnée que nous n’avions pas anticipé : Malgrat de Mar – Montmelo par le train, il faut… au moins ça. Entre la balade pour aller à la gare de Santa Susanna (la plus proche de notre hôtel), le train qui passe toutes les 30 minutes, le voyage, le changement et l’attente à Barcelone, le deuxième train, le voyage, la balade pour aller de la gare au circuit, et de l’entrée du circuit à la tribune où nous avions nos places, il nous a fallu 3 heures. On a juste eu le temps de voir un bout des qualifs MotoGP, et c’était fini. Mais nous étions consolés par la superbe performance de Stoner, qui vint arracher la pole à un Pedrosa médusé (on aime bien Stoner, d’accord, mais c’est surtout qu’on déteste Pedrosa !).

Tandis que nous crapahutons vers la sortie du circuit, Mamola fait des tours sur la Desmosedici Twin Seats avec une pauvre victime derrière. Si ça se trouve c’est vraiment pénible et même pas drôle. Si ça se trouve, on n’a le temps de rien voir, rien ressentir. Si ça se trouve c’est un étron poussif, cette Ducati. Et si ça se trouve, Mamola c’est une lopette qui se traîne lamentablement.

Mais pas envieuse du tout, du tout, la Lizou.

Ce petit bout de journée m’a permis de faire un constat, quand même : ça fait beaucoup, beaucoup de bruit, une moto de GP.

Dans la ville de Montmelo, c’est la fête : la foule s’assemble autour d’une rue que la Guardia Civil se voit obligée de boucler avec des blocs de bétons : des kékés en short et t-shirt font grimper leurs R1 et autres Gixer aux rideaux. C’est du stunt ça ma bonne dame. Du quoi ? Du stunt, un truc de djeunz, tu peux pas comprendre. Bon faut admettre qu’ils tâtent, les clowns qui hypothèquent leur couenne. Mais avec Sauval on se dépêche quand même de rejoindre la gare, avant de se prendre sur la gueule la moto d’un artiste local qui se serait loupé au freinage.

Compte tenu du temps qu’il faut pour rentrer, nous remettons notre deuxième visite touristique à l’année prochaine et filons nous asseoir au bar de l’hôtel. A peine le temps de descendre un verre que Pépère nous sollicite pour l’accompagner. Notre mission, si nous l’acceptons : l’aider à négocier une bonne table pour 70 personnes.
Parce que le buffet miteux de l'hôtel, avec ses horaires calés sur le touriste allemand (y'a la queue à 19 heures devant le buffet !!!), ça va comme ça.
Une des (rares) employées aimables de l’hôtel nous indique un restau garanti fabuleux, à 10 minutes à pied. Commence alors notre initiation de négociateur assidu. C’est un métier difficile, vous savez. Faut rien lâcher. Et surtout ne pas vexer l’autochtone. Quand il t’offre le coup à boire, faut accepter, même si t’as pas soif. Pareil, s’il te propose de goûter son dessert maison pour te convaincre, surmonte ta méfiance naturelle et fait honneur au flan et fruits avec sa boule de vanille.
Après une heure de discussion, nous arrivons à nos fins : un bon repas pour 20 euros par tête. Salade composée, paëlla fraîche avec la pêche du jour, glace (le dessert maison aurait explosé le budget…) et café. C’est le moto club qui paiera la première tournée de sangria.

Satisfaits du devoir accompli, nous retournons à l’hôtel nous torcher la gueule enfin euh, passer la soirée avec les copains.

Demain, c'est le Grand Jour !!

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