15.02.2008

(Trop) court essai de la 848

Tout-à-l'heure je passe chez mon concessionnaire Ducati-Triumph pour une petite bricole (moteur de la valve d'échappement du Dayto HS, à commander et faire prendre en garantie). J'en profite pour claquer une bise aux vendeurs que je connais. J'ai un peu de temps. Ca tombe bien, y'a la 848 à l'essai. J'ose ? Allez, j'ose. Paperasse remplie, casque et gants renfilés, un vendeur me démarre la bête. Y'a pas, c'est bô le son du desmo. Normalement l'essai est limité à 15mn (cela fait partie des nouvelles politiques commerciales depuis le changement de propriétaire de la concession) mais pour moi on fera exception, je négocie 30mn - le temps d'aller quand même chercher quelques virolos et ne pas faire que de la rocade ou de la ville. Prise en main Enfourchage de la belle. Pas de doute, les vibrations et les claquements me rappellent que je suis sur une Ducat'. Les jambes sont plus repliées que sur la Daytona 675, mais c'est fréquent chez Ducati. Mes genoux touchent le haut du carénage, je ne sais pas si c'est fait exprès ou pas, on verra si c'est gênant au freinage. L'écran de bord est très MotoGP, va falloir s'habituer aux régimes exprimés sur une courbe numérique. Sinon bah y'a la vitesse bien sûr, la température moteur, l'heure, le kilométrage et d'autres trucs que je n'ai pas pris le temps de déchiffrer. Allez on ne traîne pas. Je passe la 1ère d'une claque virile, comme j'en ai l'habitude sur les ritales. Sauf que là ça a l'air de se verrouiller facilement et proprement. Le levier d'embrayage est même assez doux. Depuis le temps que je lis partout que les Ducati se sont adoucies... L'embrayage à bain d'huile permet de faire patiner un peu au démarrage et d'éviter de se retrouver propulsé sans crier gare. On aime ou on n'aime pas, en ville en tout cas c'est appréciable. Et c'est parti. Partie-cycle Je commence par la partie-cycle car c'est le premier truc qui m'a frappée. Dès le premier virage, en sortant de la concession, la moto plonge ! La légèreté et l'agilité sont stupéfiantes. Les virages s'enchaînent avec une facilité déconcertante, plus encore que sur la Daytona - sans doute en partie car le centre de gravité est un peu plus bas. La stabilité en courbe, quelle que soit la qualité du revêtement, est typique de chez Ducati, c'est-à-dire irréprochable. Du bout des doigts, ou d'une petite pression du pied, on bascule en courbe et on redresse (avec l'aide d'un petit coup de gaz) tout aussi facilement. C'est vraiment fait pour avaler les enchaînements. Quel bonheur ! Moteur et freinage Sur les premiers kilomètres, temps de chauffe oblige, je ne fais pas grand-chose. Et puis c'est la rocade, et y'a plein de monde. Mais je constate déjà que ça patate comme il faut en bas et que, tiens, curieux, ça ne cogne pas (trop) entre 2500 et 3000 tours, ce qui est nouveau sur une Ducati. Bah oui, adouci on vous dit. La personnalité en revanche est toujours bien présente : ça grogne, ça vibre, ça cogne, on sent les pistons qui travaillent, et puis ça chante... Aussi bien en ouvrant les gaz qu'en les relâchant, la mélodie du bi s'exprime, rauque et puissante, en pots homologués. Lovely ! Moteur chaud, je commence à pousser dans les tours (en priant Saint Desmo qu'il n'y ait pas de gendarmes...) pour voir. Y'a pas, si la "petite superbike" donne de franches poussées jusqu'à 5000 tours, ce sont de gros coups de pied au cul qui se font sentir au-delà. A exploiter de préférence sur circuit : j'ai pas passé la 3 et je suis déjà à 130... (je sais, c'pas bien). Les sensations sont évidemment au rendez-vous et je crois bien que je tombe, encore ! amoureuse. Le freinage est à la hauteur des attentes pour une telle machine : extrêmement efficace sans être trop on/off. Ca mord comme il faut et il faut peu de distance pour arrêter la cavalerie, sans pour autant craindre de s'écraser les choses (enfin je me mets à la place des mecs, là) sur le réservoir sans crier gare. Mais... La position me perturbe toujours un peu. Sur les gros freinages, mes jambes sont en appui sur les carénages et ça fait bizarre. Surtout que les vibrations dans les genoux, c'est moins agréable qu'entre les... euh, enfin, ailleurs. Les rétros ne doivent servir qu'à faire homologuer la machine : on voit les coudes, et encore pas toujours bien car ils vibrent beaucoup. J'ai été un peu gênée par je ne sais pas quoi pour choper la commande de frein arrière : question d'habitude je pense, le frein arrière de la Dayto étant un poil haut, là je touchais quelque chose du bout du pied. Par contre, c'est à noter, le frein en soi est effica... euh présent, on ne peut pas en dire autant de toutes les Superbike. Enfin le plus gros défaut, à mon goût, de cette moto, c'est que quand on y a goûté, on ne veut pas tellement la rendre... J'arrive quand même (avec 10mn de retard) à la concession, rends les clés et reprends ma Tromfette. Ouarf ! ça fait bizarre le premier virage, j'ai cru qu'elle ne tournait plus ! J'espère qu'elle ne va pas me faire une crise de jalousie...