21.08.2009
Emotion littéraire

Je ne parle pas beaucoup de livres sur ce blog - c'est le moins que l'on puisse dire. Et pourtant je lis pas mal. Bien souvent ce qui me tombe sous la main, avec plus ou moins de bonheur. Bon public, je me repais principalement de sagas historiques ou de romans d'aventure. Les huis-clôts ou les drames sentimentaux me passionnent peu.
En achetant Terre des Oublis, de Duong Thu Huong, je craignais de m'ennuyer un peu mais j'étais décidée à tenter une expérience. Je ne l'ai pas regrettée.
J'ai rarement été aussi émue par un livre. Il y a d'abord l'écriture, le style. Chaque page, chaque description semble une peinture vivante. Chaque paysage semble épouser le cours d'un temps lent, contemplatif, patient - même au coeur des événements les plus tragiques. Il y a ensuite l'histoire, bien peu de choses en fait - au Vietnam, une femme remariée doit retourner vivre auprès de son premier mari que l'on croyait mort à la guerre. Il y a surtout les personnages, très travaillés, et à travers eux une lecture extrêmement lucide, dans le pire comme dans le meilleur, de la nature humaine. Calmement, patiemment, au détour des drames et bonheurs passés, de ceux de la vie quotidienne, des espoirs et des illusions, on se retrouve à aimer, haïr, pardonner, comprendre, partager finalement le lot de ces personnages parfois pathétiques, parfois héroïques, qui ne sont que le reflet de nos propres existences.
Je n'oublierai pas de sitôt Terre des Oublis.
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09.09.2008
En route pour de nouvelles aventures
Voilà, cette fois-ci c'est la bonne : après 7 ans de bons et loyaux services, ma boîte ne renouvelle pas mon contrat.
Et c'est tant mieux.
J'avais des raisons de rester : une chef très pro, une équipe sympa, la part belle aux idées neuves, des conditions idéales de télé-travail, un salaire décent.
J'avais aussi une bonne raison de partir : le manque de renouvellement des projets. Bosser toujours pour la même boîte, ça finit par lasser.
Depuis mars tout a changé : la chef a été limogée, l'équipe démolie, les projets ont fait un bond de dix ans en arrière et au final on n'a plus besoin de moi. C'est donc le bon moment pour me lancer dans une aventure qui me chatouillait depuis quelques temps : travailleur indépendant.
La première difficulté est d'ordre administratif : comment définir mon intitulé ? C'est important car en fonction des services que je propose, je dois m'affilier à la Maison des Artistes (MDA), ou à l'AGESSA (plus orientée logiciel), ou à l'URSSAF (ça coûte plus cher). Si je ne faisais que de la créa, ça serait l'ADM. Mais je fais aussi de l'intégration (web surtout). Et pour finir je peux faire du conseil... Un vrai casse-tête !
La deuxième difficulté est d'ordre matériel : je vais devoir investir dans les 5500 euros HT. Sachant que je risque de connaître des moments difficiles, financièrement, ça va être chaud.
Enfin, je vais devoir apprendre les rudiments des métiers de commercial, comptable, gestionnaire et secrétaire.
Quelques nuits blanches en perspective.
La bonne nouvelle, c'est que j'ai déjà une cliente, mon ex-chef. Et il y a fort à parier que nous serons encore amenées à bosser ensemble (je vais chez elle en Hollande le week-end du 11 octobre pour discuter de tout ça).
Y'a plus qu'à.
11:35 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
12.12.2007
Tempus fugit
... le temps fuit mais n'efface rien.
Il y a quelques très rares personnes dans ma vie que j'ai perdues et que je regrette d'avoir perdues.
Christelle était de ces personnes.
Nous nous sommes connues à la fac, à Aix. C'était une fille complètement délurée, mais dans le genre éternel enfant. Sa créativité se nourrissait de tout et n'importe quoi, elle pouvait aussi bien soliloquer pendant des heures sur des choses incohérentes mais qui riment, que fabriquer des araignées en papier ou peindre des dragons faits de papier mâché et de clous.
Souvent, avec quelques copines, on se retrouvait chez Christelle et son frère, qui habitaient un beau duplex en plein centre d'Aix, et on se faisait livrer un poulet-frites ou bien on faisait des crèpes. Christelle, elle aimait bien faire des crèpes. Elle avait découvert qu'on pouvait tout-à-fait réchauffer une crèpe au micro-ondes, et même y faire cuire la garniture jambon-fromage-oeuf. Sauf qu'un oeuf au micro-ondes, c'est piégeux. A peine tu plantes la fourchette dans le jaune et *paf*, tu retrouves ton oeuf partout dans un rayon de 30 cms. Ca nous amusait beaucoup. Et ce genre de bêtise, ça lui ressemblait.
Christelle, c'était mon grain de folie à la fac. Celle avec qui je pouvais oublier le vrai monde, la vraie vie, les vrais gens. Pour mieux apprécier la compagnie d'un chat, d'une chenille en peluche ou les fabuleuses histoires d'un canard dans une mare noire.
La dernière fois que nous nous sommes vues, c'était à Montréal, en 97 ou 98. Elle venait passer une semaine chez moi avec son frère.
Et puis le temps, la paresse, la vie nous ont séparées.
Je ne l'ai jamais oubliée.
La semaine dernière, j'ai retrouvé sa trace sur Google.
Je lui ai écrit.
Elle a répondu. "Ne perd surtout pas mes coordonnées parce que c’est avec joie que j’aimerai te revoir."
Et là, je suis émue.
21:51 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.10.2006
Etat militaire?
La nouvelle loi sur les commissions militaires promulguée par Bush à de quoi inquiéter, et inquiète effectivement. En gros, d'après ce que je comprends, cela laisse les mains libres à l'armée pour "interroger" et "juger" des personnes soupçonnées de terrorisme. On imagine aisément, malgré les dispositions censées interdire la torture, les graves dérives auxquelles une telle loi peut conduire.
S'en est suivi cet échange intéressant sur un forum anglophone, à majorité américaine, que je fréquente (traduction perso) :
"Z: Personne n'a le sentiment que la "terre des hommes libres" (allusion à l'hymne national, ndr) ne l'est plus vraiment? Nos droits nous sont retirés plus souvent que jamais auparavant, tout cela au nom de la sécurité. Big Brother surveille chacun de vos mouvements.
Y: Je ne pense pas qu'ils vont s'amuser à prendre n'importe qui au hasard dans la rue et lui taper dessus.
X: Le problème n'est pas de savoir s'ils le feront.. le problème c'est qu'ils aient le droit de le faire. Et malheureusement il s'est systématiquement avéré que s'ils ont le droit de faire quelque chose, ils finiront par le faire. Le concept d'"Innocent jusqu'à ce que la culpabilité soit prouvée" n'est pas supposé protéger le coupable mais l'innocent.
Je préfèrerais être une "victime de liberté" (on ne peut pas TOUT sécuriser..) qu'une victime de guerre (contre le terrorisme)."
Je ne peux que partager ce dernier sentiment. Et je souhaite bien du courage à ces nombreux américains qui n'ont pas choisi le président actuellement au pouvoir.
19:01 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bush, commissions militaires, sécurité, liberté
23.03.2006
La mort du disque?
Il m'arrive, quoi que pas très souvent, d'avoir envie de m'acheter un disque.
"Pas très souvent", parce que j'écoute peu de musique.
"Acheter", parce que je n'ai pas vraiment la culture mp3 ; je peux avoir découvert tel ou tel artiste grâce à un mp3 envoyé par un copain. Mais je n'ai pas idée de me faire des compils de mp3 : j'aime bien mon disque dans son joli boîtier d'origine. C'est peut-être complètement rétrograde, mais bon. Bref.
Depuis quelques temps, je me prive de disque. Pourquoi? La faute aux DRM. Les CDs sont tellement bourrés de protections à la con qu'on ne peut plus être sûr qu'ils fonctionneront sur certains lecteurs.
J'aime bien écouter de la musique en bossant, donc disque dans le PC et casque sur les oreilles. Plus possible.
J'aime bien écouter de la musique en boitaroue, donc disque dans l'auto-radio. Pas toujours possible.
J'aime bien écouter de la musique sur son système audio, avec un lecteur qui n'est plus tout jeune. Est-ce que ça marchera?
Un disque ça coûte cher. Je ne veux pas prendre le risque d'investir dans un produit qui ne fonctionnera peut-être pas.
Alors je n'achète pas, et tant pis pour la musique.
Messieurs les industriels du disque, vous êtes des bourrins.
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27.02.2006
Une bonne nouvelle
Je ne commente pas souvent l'actualité, mais voici qui me réjouit:
La Cour de cassation autorise les couples homosexuels à partager l'autorité parentale
Oui, l'homoparentalité existe, qu'on le veuille ou non, qu'elle soit légale ou pas. Alors il devenait urgent d'offrir enfin à ces enfants la même sécurité, le même cadre légal, qu'aux enfants de couples hétéros.
Bravo à la Cour de cassation pour cette décision courageuse qui, j'espère, fera jurisprudence.
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28.04.2005
A ceux qui hésitent encore -
21:45 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.04.2005
Désillusion?
Il y a quelques jours, j'étais touchée par l'émotion de ces jeunes dont la foi dans un message d'amour vieux de 2000 ans semblait éclairer le monde.
Or voici à présent qu'un nouveau pape est élu, et le retour à la réalité est brutal. Conservatrice et politique, voici l'Eglise, son faste, ses protocoles, ses convictions douteuses. Des images d'un autre temps, obscur, se substituent à ces visages souriants et m'effraient. A quoi bon ces robes pourpres, ces mitres, ces visages fermés? A quoi bon
ce latin, ces paroles laminaires, cette pensée obtuse?
Pourquoi le célibat des prêtres? Pourquoi "l'ordre moral"? N'y a-t-il pas incohérence, de la part des hommes d'église, à se prononcer sur des sujets auxquels ils sont par vocation complètement étrangers? Que savent-ils de la douleur des femmes face à la décision d'un avortement? Que savent-ils du lien d'amour entre deux personnes, quel que soit leur sexe, eux qui ont refusé les amours séculières? Que savent-ils des difficultés d'accès aux soins de ceux qu'ils exhortent à la chasteté en guise de préservatif?
L'espérance candide que j'ai vue dans le regard de ces quelques jeunes, l'autre jour, me semble en totale contradiction avec l'image, l'idée même, d'Eglise.
Gardons le message de paix et d'amour, jetons le dogme aux orties.
17:25 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.04.2005
Fraternité
Ces gens ont l'air heureux. Voilà l'image qui se détache des reportages sur la mort du pape. Des jeunes, convergeant vers la place St Pierre, qui chantent et qui se réjouissent parce que "leur" père est auprès "du" Père.
On pensera et dira ce qu'on voudra de la religion et de ces excès, mais cette foi candide qu'expriment ces jeunes, elle, est digne de respect. Je ne crois pas qu'une conviction qui inspire un tel espoir, un tel bonheur, mérite d'être brocardée.
Je suis contente de voir quelques humains heureux.
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06.04.2005
Voyage intérieur
"Un jour, j’aimerais que tu m’expliques pourquoi au plus profond de toi, tu désires pratiquer cet art martial".
C'est avec ces quelques mots que Smati, mon copain motard, pilote et prof de karaté, m'a amenée à réfléchir à cette rencontre récente avec un sport qui est un peu plus qu'un sport. Dès la première leçon j'avais le sentiment de découvrir quelque chose qui m'attendait depuis un moment. Alors, j'ai réfléchi. J'ai retourné la question dans tous les sens, je l'ai placée derrière moi, dans l'enchaînement de mes passions successives, à côté de moi, dans l'immédiateté d'un engagement-évidence, devant moi, dans ma quête de sens.
Et les ébauches de réponses que j'ai commencé à rassembler m'impressionnent à la fois par la facilité avec laquelle elle me sont venues à l'esprit, et par leurs implications. Deux années de thérapie n'ont pas donné autant de résultat. Non, mais la thérapie m'a donné les outils dont j'avais besoin pour trouver mes réponses - encore
fallait-il que je me pose les bonnes questions.
Alors, oui, pourquoi le karaté? Pourquoi maintenant?
J'aimerais évoquer un souvenir. Le souvenir d'une pré-adolescente de 11, 12 ans, qui se laisse malmener par plus forte qu'elle, miss 33-tonnes et sa bande de groopies hystériques. Le silence qu'elle ne sait pas rompre d'une invective ou d'un sarcasme lui pèse, tandis que l'on se moque d'elle. Et elle prie secrètement d'avoir un jour du
courage, le courage de faire face, d'affronter, de prendre et rendre les coups.
En guise de courage c'est une armure que je me suis batie. Je me suis protégée derrière ma volonté de garder le contrôle en toute situation, j'ai appris à esquiver ce sur quoi je n'avais pas d'emprise.
Aujourd'hui il est temps d'apprendre à faire face. Apprendre à perdre, apprendre à mener un combat dont l'issue n'est pas écrite à l'avance, peut être favorable ou non. Apprendre ce qui ne s'apprend que face aux autres, nue de toute armure.
Le karaté n'est pas simplement un sport de combat. C'est aussi une invitation à s'explorer, et il faut du courage pour cela aussi.
Alors je ne veux pas manquer cette chance de voyage.
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