15.11.2008

Baptême

Malgré un temps plutôt maussade, je décide de me lever et d'aller au circuit pour la dernière journée roulage de l'année. Il ne pleut pas mais il fait très humide et le sol est mouillé. Sur le paddock, très peu de monde. Nous sommes en moyenne 10 par session.

Compte tenu des médiocres conditions d'adhérence, je m'attache à bien travailler mon déhanché pour prendre le moins d'angle possible. Ca roule tranquillement, je me cale sur un rythme enroulé pour ne pas trop solliciter les freins non plus. Le mouillé, c'est une bonne école pour corriger ses défauts et prendre le temps d'analyser sa position et ses trajectoires.

Tout va donc bien. Deuxième session, même exercice. La piste commence à sécher un tout petit peu, attention à ne pas s'enthousiasmer, c'est traitre.
Après quelques tours, je trouve le bon rythme, prudent mais un peu plus à l'attaque. Je suis dans la vitesse moyenne du groupe. Puis, sur un virage à droite, je me retrouve soudain plein angle : la roue arrière semble vouloir faire sa vie dans son coin. Rien à faire, la roue avant suit. Sans que je comprenne trop comment ni pourquoi, me voici à glisser sur la piste. Bizarre. Au bout d'un moment (très court, mais tout paraît se passer au ralenti), je me dis que ça peut aider si je lâchais les commandes de la moto. Je laisse donc Tromfette partir et je finis ma glissade dans mon coin. Je me relève de suite, m'assure que personne ne m'arrive dessus, puis court couper le moteur. Pas la peine, il est déjà éteint. Je me mets sur le côté, il y a drapeau rouge sur le circuit : forcément, la moto est en plein milieu de la piste !
Les commissaires se précipitent pour voir si je vais bien, pas la peine de faire venir l'ambulance. On redresse la moto, on le pousse sur le côté, je regarde les dégâts : pas grand-chose. Je redémarre puis rentre tranquillement au stand. J'aimerais bien repartir mais la session se termine et puis ce n'est pas très raisonnable sans avoir fait un examen approfondi de la casse. Au final : flanc de carénage droit un peu rayé, cligno droit HS, pédale de frein arrière cassée, poignée de frein avant un peu tordue. Les protections sur le carter et sur le bras oscillant ont fait leur office : elles sont bien entamées, l'investissement valait donc le coup ! Le tapis de réservoir a également préservé ce dernier.

La poignée de frein avant tordue me contraint à renoncer à reprendre la piste : il peut y avoir des criques internes, et si ça pète sur un freinage ça risque de faire un peu plus de dégâts...

Les commissaires insistent pour que je passe par la case Croix-Rouge. Je vais donc me faire soigner quelques bleus (deux à la main droite, un au coude). Je suis très contente de mon équipement qui m'a bien protégée, la protection métallique sur l'épaule du blouson est bien rapée, le blouson n'a quasiment rien, pas plus que le pantalon. Le slider de botte est en purée, celui du genou biseauté selon un angle curieux.

Rien de bien grave donc. Et le curieux sentiment, après le glissade, que "ça, c'est fait". Même pas peur. Même pas mal. :)

22.10.2008

Photo(s) Pau-Arnos - update




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20.10.2008

Circuit de Mérignac, 19 octobre

La journée commence fraîchement : le wind-stopper sous le cuir n'est pas de trop. Je regrette même de n'avoir pas enfilé mes gants d'hiver, le temps d'aller au circuit j'ai les doigts glacés...
En revanche il fait très beau. On nous promet 21 degrés pour l'après-midi.

A 8h, il y a déjà du monde. Je suis venue tôt pour donner un coup de main au staff du BMC. On prépare la buvette et la salle des commissaires de piste, puis je fais mon inscription et récupère mon bracelet pour la journée. Le BMC décide de retarder d'une demie-heure le début des sessions car il fait trop froid.

Aujourd'hui tous les groupes sont archi-complets. Un concessionnaire Suzuki, également propriétaire de Harley-Buell, a réservé des places dans chaque groupe pour ses clients, il y a donc de nouvelles têtes sur le paddock. Beaucoup de GSX-R et 4 Buell.

Les débutants font leurs premiers tours. Déjà un drapeau rouge et une intervention de la Croix-Rouge. Heureusement, rien de grave.
Idem pour les Moyens. Drapeau Rouge, ambulance, moto en vrac.
Quand c'est mon tour, dans le groupe mixte Moyens/Motos anciennes, je commence de timides tours de chauffe. Au bout de 2 tours je n'ai toujours aucun grip dans les pneus, c'en est presque inquiétant. Je décide de continuer à rouler "sur des oeufs". Devant moi il y a 3 pilotes. Celui de tête, un des "nouveaux" en Gex, semble vouloir prendre déjà de la vitesse. Ca ne loupe pas : il perd l'avant, chute et part en glissade vers le terre-plein central. La moto heurte le vibreur et effectue deux tonneaux. Aïe, il y aura de la casse ! Heureusement nous évitons moto et pilote sans trop de problème et, sous drapeau rouge, rentrons aux stands.
Pendant la rapide évacuation, Manu en profite pour rappeler quelques règles de base que certains semblent ignorer : des pneus, ça se chauffe. Le sol est à 2°C. Je comprends mieux pourquoi mes pneus ne montaient pas en température !
Nous repartons. Au bout du 4ème tour, je commence à sentir que ça accroche. J'augmente progressivement ma vitesse et je pourrai finalement faire les 2-3 derniers tours a bonne allure. Il y aura entre-temps un autre incident, cette fois-ci un tout droit dans les graviers. Nous ne resterons qu'un tour sous drapeau jaune.

Chez les confirmés, il y aura de nouveau des gamelles. Une nécessitera une évacuation vers l'hôpital (douleurs aux côtes).
Quel carnage ce matin !

La deuxième session de la matinée se passera mieux, la température du sol étant un peu plus élevée. Je me positionne pour partir la première. Après mes tours de chauffe, je trouve un bon rythme et m'amuse bien. Mais je finis par rattraper la queue de peloton. Je constate alors que le groupe est aujourd'hui vraiment très disparate : les mecs en Gex ne semblent pas bien connaître le circuit, leurs trajectoires sont approximatives. Certains sont très lents, d'autres poussent au cul de façon un peu hasardeuse. Il n'est pas facile de se sortir d'un paquet disparate. Je galère un peu puis parviens à doubler les plus lents tandis que les plus rapides profitent du boulevard que je leur laisse pour me passer fissa. Là, je suis bien et je recommence à me faire plaisir. Hélas, à cause de tous les incidents de la matinée qui ont entraîné des retards, la session de 20 minutes est ramenée à 10. Il est déjà temps de sortir.

L'après-midi, c'est une autre histoire. Il fait chaud. Je me méfie à présent des invités du concessionnaire Suzuki, beaucoup semblent être là pour montrer qui a la plus grosse. Partie à mi-peloton, je laisse les furieux prendre la tangeante et je m'applique à faire de belles trajectoires. Un mec en Gex blanc, plutôt rapide, me fait l'intérieur dans la parabolique des stands. Cela passe ici d'habitude sans problème, quand les trajectoires sont propres personne ne se gêne. Mais cet ahuri semble mal gérer sa traj' et commence à élargir ! Je suis contrainte de faire un écart et de ralentir afin d'éviter qu'il ne m'embarque avec lui vers les graviers. Il se rattrape et remet du gaz. Je l'insulte copieusement sous mon casque.
Ensuite, ça va bien, je commence à rouler à mon niveau habituel et ça scritche allègrement. :)
Quelques tours plus tard, revoilà mon Gex blanc, décidément très rapide... mais toujours aussi cochon dans ses approches ! Je suis cette fois-ci derrière un paquet, dans la même parabolique. Le Gex fait l'intérieur à tout le monde, écarte à nouveau - gênant 2 pilotes visiblement très surpris, à voir l'écart qu'ils font -, donne un brusque coup d'angle pour reprendre la corde, gênant au passage un pilote obligé de freiner (!) pour ne pas se faire percuter. Quel #&@*$ !!!
Fin de session.

La dernière sera la plus "sportive". Il y a quelques confirmés, mais des habitués, qui roulent dans notre session. Je parviens à me détacher du troupeau et roule un moment à mon rythme, me faisant bien plaisir. Arrivent alors les confirmés. Un RSV1000 me passe après la parabolique du fond, sans problème, et fait un beau freinage de trappeur dans la chicane : je vois sa roue arrière danser la valse. Couillu, le caribou ! :)
Un peu plus tard, c'est un copain en Thundercat qui me passe. Lui m'occasionnera une petite frayeur : il se présente sur ma droite au moment où je commence à me rabattre pour prendre la chicane ! Ca passe à un poil de cul, heureusement il sait ce qu'il fait. Mais bigre, ça surprend !
Il viendra s'excuser plus tard de sa manoeuvre franchement virile, mais pour moi c'est réglo, c'était propre et à part la petite frayeur, ça ne m'a pas gênée.
Ensuite j'arrive au cul d'un gars sur un engin indéterminé. J'attends l'ouverture puis, à la sortie de la parabolique du fond, je lui fais l'intérieur et mets du gaz jusqu'à la chicane. C'est passé ! Je l'entends qui me colle au derrière. Après un tour, il trouve une ouverture et me repasse avant la parabolique des stands. En voilà un qui veut jouer. OK, c'est parti. Nous allons passer 3 tours à jouer au chat et à la souris, nous passant et repassant avec fureur - mais toujours propre - jusqu'au drapeau à damier. Bigre ! C'est la première fois que je me bats vraiment sur le circuit ! Je suis en nage et mes jambes me portent à peine en descendant de la moto, tellement c'était intense. Voilà qui achève dignement cette journée mitigée.

Sur le paddock, du côté des Gex, on entend une moto au rupteur. C'est bien la première fois, ici. Avec quelques habitués, nous nous regardons, légèrement affligés. Le comportement de ces gens sur le paddock est finalement à l'image de leur attitude sur le circuit : médiocre. Je me sauve avant que ça ne tourne au concours de bite.

Note pour plus tard : ne pas venir rouler un jour où des places sont réservées par le concessionnaire Suzuki.
(J'apprends ce matin que les 3 cartons les plus sérieux de la journée étaient 3 GSX-R... C'est à se demander si le concessionnaire n'a pas fait exprès de proposer cette journée de circuit, pour pouvoir vendre des pièces !)

29.09.2008

Scritch !

scritch.jpg

02.09.2008

Mérignac, 31 août 2008

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Y'a pas à dire, cette moto est fabuleuse. :-)

28.07.2008

Roulage à Pau-Arnos

(cliquer pour agrandir les photos)

Cette fois encore, nous désertons avec le Bordeaux Moto Club le circuit de Mérignac pour aller jouer sur un terrain autrement plus impressionnant : le circuit de Pau-Arnos.

Situé à quelques kilomètres de Pau, dans une campagne verte et vallonnée, c'est sans doute l'un des plus beaux circuit de France... et l'un des plus difficiles ! Montées, descentes, virages en aveugle, dévers... Il y a de quoi se faire de sérieuses émotions fortes.

Nous avons cette fois-ci plus de chance que pour Nogaro : le soleil est de la partie.
Nico et Julien nous retrouvent à la maison, leurs machines sur leur remorque, bientôt suivis de Xav et Loïc qui charge sa moto ("logée" chez nous à titre gracieux) sur leur remorque. Tromfette et la Diva sont de la partie, en ce qui nous concerne Patrick et moi.
(Notez, en bas à gauche, la "superbe" déco artisanale dont j'ai affublé Tromfette, la pauvre).



Moave emmène Juliette sur le ST2, nous embarquons Claire dans la bétaillère - elle est venue tout exprès sur son Mostro pour faire des photos de la journée.

Vers 20h30 nous arrivons au circuit, il y a un parking verdoyant surmonté d'une butte avec des arbres : sous ces derniers nous attendent déjà Bougri et Rikos. C'est ici que nous dressons le campement, plutôt que sur le paddock en contrebas. Nous allons saluer les copains sur le paddock, récupérons notre petit bracelet pour la journée de demain puis squattons le barbecue du BMC pour faire cuire nos saucisses. La soirée est peinard, il fait beau et doux.
Nous nous couchons vers 1 heure.

Le réveil est à 7 heures et est plutôt difficile. L'air est humide, la brume matinale n'est pas encore levée. Je descends sur le paddock prendre une douche (froide !) et je retrouve les autres au petit déj.



A 8h30 nous sommes équipés et en pré-grille pour la première session de la journée. Nous tournons en Débutants : un circuit inconnu réputé difficile ayant modéré nos ardeurs. La brume se lève doucement et la journée promet d'être belle.

Hélas, les responsables du circuit (qui nous ont causés pas mal de problèmes depuis la veille...) refusent l'accès à Claire pour des questions d'assurance. Son accréditation sur le championnat mondial SuperBike ne suffit pas, et la signature d'une décharge (ce qui suffit habituellement sur les autres circuits) ne leur convient pas. Nous n'aurons donc pas de photos... :(

Nous sommes lâchés sur la piste en 4 petits groupes de 10, un pilote confirmé en tête de chaque groupe pour nous indiquer les bonnes trajectoires. Je me retrouve en queue du 2ème groupe et grogne un peu car le groupe a du mal à rouler bien proprement dans la "trace" de notre ouvreur et donc je dois improviser mes propres trajectoires.

Je suis en mode découverte, le circuit est vraiment impressionnant.

La pré-grille :



Le tracé :



Quelques détails :

- (1) Voici la ligne droite des stands, assez courte et dans laquelle on entre en aveugle par un droit en montée.



- (2) la ligne droite se termine sur un pif-paf en descente, mieux vaut éviter les excès d'optimisme et se placer à temps, à vitesse gérable...



- (3) Après le pif-paf, un grand droit (en bas de la photo, ce n'est pas le pif-paf mais l'accès au circuit).



- (4) Aperçu du grand droit au complet.



- (5) Le droit se referme assez fort, en descente.



- Il est suivi d'un court gauche aveugle que l'on peut prendre sans ralentir.

- Ensuite il y a une petite ligne droite, puis on attaque un joli gauche en montée (6) :



- Suit alors un double-droit dont la deuxième partie est plus serrée et ouvre sur une grosse descente. Il y a également une petite bosse dans le double-droit : si on saute dessus sans être bien placé, il y a des chances de se retrouver dans le bac à gravier...

- (7) La descente se fait aussi vite que possible, le virage droit étant très large, mais attention : quand on attaque la descente, la roue avant peut délester si on ouvre très fort et on peut donc sortir de sa trajectoire très rapidement. En outre, dans le grand droit ça remonte et donc on tasse les suspensions. Mieux vaut avoir une moto avec une excellente partie-cycle... et un pilote bien placé !



- Cette petite montagne russe amène très vite sur un gauche en épingle. Gros freinage recommandé sous peine de visiter les bacs à gravier...

- Au sortir de l'épingle il y a un petit bout tout droit avec... on ne sait pas quoi derrière !

- On arrive en effet sans aucune visibilité sur une chicane vicieuse, tout en descente. C'est la partie la plus difficile du circuit, il faut plonger à basse vitesse dans le gauche et se replacer très rapidement dans le droit, qui remonte brutalement.

- Un dernier droit en montée, qui cache la ligne droite, vient finir le tracé.

Après quelques tours, je commence à trouver les bonnes trajectoires et les bons rapports de boîte. Les dévers m'impressionnent moins qu'ils ne m'amusent tant la Daytona se joue des changement brutaux de charge. Les suspensions sont réglées comme il faut et je ne tarde pas à prendre de la vitesse et un pied d'enfer.
Je finis même par m'en sortir pas trop mal dans la chicane et à la sortie de celle-ci j'arrive à faire de beaux dépassements sur une accélération en virage.
Finalement, je regrette de m'être inscrite en Débutants, j'aurais pu rester en Moyens. Nous sommes toutefois quelques uns à rouler assez fort dans ce groupe. Je m'applique à faire bien attention aux moins rapides, quitte à retarder un dépassement pour ne pas faire de frayeurs aux plus timorés. En partant en tête à chaque session, je peux généralement rouler à mon rythme sans être gênée, jusqu'à ce que je rattrape les plus lents qui sont alors suffisamment espacés les uns par rapport aux autres pour pouvoir dépasser sans problème.

Je suis tellement à l'aise sur le circuit que dès la première session, j'atteins mon objectif de la journée : poser le genou gauche... Ca y est, le slider gauche est baptisé et le droit, déjà pas mal usé, se sent moins seul !

C'est donc une journée fantastique et bien ensoleillée qui s'achève à 17h30. Il nous faut alors remballer nos affaires et rentrer à la maison, en se promettant de revenir tourner ici.

(Anecdote : vitesse max enregistrée pour cette journée : 194 km/h)

VIDEO : voici un tour de circuit en caméra embarquée.

17.07.2008

Nogaro : photos

Tromfette devant les stands. Notez les polys quelque peu fantaisistes... j'avais commencé - et raté - une peinture. Y'a du ponçage à faire...


Dans l'escargot.


Patrick dans l'escargot.


Etude de déhanché... :D




07.07.2008

Nogaro : la pluie et le paradis

Samedi 5

Pas question de traîner : dès 11 heures, Nico passe à la maison et nous partons faire les courses du week-end, pour 6 personnes. Dès le déjeuner avalé, Patrick prépare la diva (purge d'embrayage, vidange) tandis que je m'affaire à la préparation des salades et au remplissage des caisses de bouffe.
Nous bourrons la bétaillère : table et chaises pliantes, glacière, stocks, cuirs, casques et bottes, caisses à outils, compresseur, lampe halogène, tentes, duvets, tapis de sol, béquilles d'atelier, sac de fringues...
Nous attelons la diva et Tromfette sur la remorque, Nico et Julien sont déjà là avec leurs motos sur leur remorque, arrivent Xav et Loïc, nous finissons l'arrimage des dernières motos et il est 19h30 lorsque nous nous mettons en route.

Petit passage à la station service pour remplir les réservoirs des machines, et c'est parti : autoroute jusqu'à Langon, puis Bazas, Captieux, Roquefort, Villeneuve-de-Marsan, le Houga et Nogaro : 21h30.

Nous nous installons sur le nouveau paddock, qui n'était pas encore en service l'année dernière. Il y a déjà quelques copains sur place. Le temps de descendre les motos et monter la tente et nous retrouvons le staff du Bordeaux Moto Club dans le box numéro 1. C'est l'heure de l'apéro, on nous accueille avec un verre et des cacahuètes au milieu des motos stationnées là. Les grandes tables sont dressées et les barbecues démarrés. Le ciel, très lourd, semble vouloir se retenir.

Peu à peu le paddock se remplit, mais beaucoup n'arriveront que demain matin.

Après quelques misères pour mettre en route notre barbecue, nous passons la soirée à manger, boire, rire et se promettre des accélérations sur l'angle pour demain. C'est alors que la pluie se décide à venir gâcher la fête. Le barnum est monté en catastrophe mais, finalement, nous ne tarderons pas à aller nous coucher.

L'orage éclate, le ciel se déchire, il pleut à verse. Impossible de dormir avec le raffut. Ca promet pour demain...

Dimanche 6

Au petit matin nous établissons un classement des modèles de tentes Quechua en fonction de leur résistance à l'eau. Certaines s'en sortent avec les honneurs, d'autres... euh bon, heureusement qu'on a stocké que les caisses de bouffe dedans. Que la bouffe ? ah non, y'a aussi notre sac de fringues.. Dommage...

La pluie semble vouloir cesser mais la piste est détrempée. Tant pis, on va aller tourner en touriste, pour (re)découvrir le circuit.
Ca fait plaisir de se retrouver sur un vrai beau circuit !
Je m'applique à déhancher autant que je peux, un peu de travail physique c'est toujours ça de pris. Pour la deuxième session je commence même à me détendre un peu sur le mouillé et j'avance un poil plus vite. Patrick, lui, a préféré se dégonfler et ne roule pas - il prendra sa revanche l'après-midi !

A l'heure du déjeuner les regards sont tournés vers le ciel : la piste commence à sécher, pourvu que ça tienne !
Et ça tiendra ! On va enfin pouvoir rouler sur le sec.

Là, évidemment, ce n'est plus la même histoire. Il ne me faudra pas longtemps pour retrouver les bonnes sensations et des trajectoires à peu près potables.
Rapidement, mon slider droit frotte dans ce virage même où, l'année dernière, il avait fait un tout petit "scritch" pour la première fois. Youpi ! La fête commence ! S'il est clair que je ne peux rivaliser avec les locaux de l'étape, je parviens toutefois à dominer quelques copains et faire quelques beaux dépassements. Au fil des tours, mes trajectoires s'affinent, ma vitesse augmente et les virages où je frotte à droite sont plus nombreux. A gauche, pas d'espoir : je me fige, je ralentis, j'utilise encore trop mes bras, pas moyen de me détendre. Mon slider gauche reste vierge.

Voici une petite revue de détail (le circuit se pratique dans le sens horaire) :



On entre sur le circuit par le virage de la ferme (en haut à droite). Suit un droit rapide ("scritch" !) puis un droit qui se resserre vicieusement (la double courbe de Caupenne, plus connu sous le nom de "l'escargot") avant de donner sur un gauche serré. Cet ensemble est très difficile et il me faudra beaucoup de tours pour arriver à m'en dépatouiller et me placer correctement. La sortie du gauche conditionne la vitesse d'attaque dans la ligne droite : en effet, si on arrive à sortir bien placé, on peut aborder le droit rapide (courbe de l'aviation) sans difficulté et remettre très tôt du gaz. Une fois bien dans le rythme, je parviens à pousser tous mes rapports dans la ligne droite et j'attaque mon freinage en 6ème, un peu après le panneau 200 mètres. Je plante alors les freins et attends d'être assez bas dans les tours pour tout rétrograder en rafale, sans frein moteur, et me retrouver en 2ème pour l'épingle de l'école ("scritch" !), un droit serré qui ouvre sur un droit plus rapide. Le gauche suivant est traître : un vilain raccord de goudron se trouve en plein sur ma trajectoire. Je prends tantôt plus large et perds du temps, tantôt plus serré et me retrouve trop à l'extérieur, jusqu'à ce que je m'aperçoive que le raccord n'est pas si méchant que ça et que je peux rouler dessus sans glisser. Ensuite un gauche très large où l'on prend de la vitesse... avec circonspection car malheureusement, en sortie de virage, il reste des flaques d'eau. Il y a carrément une "rivière" qui traverse la piste juste avant la passerelle (indiquée par le drapeau à damier sur ce plan) : le pneu se mouille, il faut donc gérer le gros freinage suivant avec tact. Le double-droit qui suit est très sympa, on le prend très vivement ("scritch" et "scritch" !). Gaz dans le petit bout droit, puis voici la courbe Henri Oreiller (!) où j'avais frotté la toute première fois ("scritch", donc). Suit un gauche large où on peut réaccélérer sur l'angle, puis c'est la ligne droite des stands suivi d'un gauche généreux, et on recommence.

La pratique du circuit de Mérignac, très compact et donc très physique, paye : en 20 minutes je ne fatigue même pas, d'autre part j'arrive à faire de très gros freinages au bout de la ligne droite, ce qui me vaudra de faire quelques dépassements sur des motos plus puissantes contre lesquelles je ne pouvais rien dans la ligne droite (je ferai aussi quelques beaux dépassements en courbe, notamment la fameuse Henri Oreiller).
En contrepartie, la vitesse sur ce circuit n'a plus rien à voir avec Mérignac. Même dans l'escargot, où j'ai tant de difficulté et où j'ai l'impression de me traîner à 40, je suis à 70-80. Ma vitesse max enregistrée pour cette journée est de 222 km/h.

A la fin de la journée, ce sont des mines réjouies partout sur la paddock. Tout le monde s'est visiblement fait bien plaisir malgré une météo capricieuse, et il n'y a pas eu de casse (quelques petites sorties de piste tout au plus).

Nous remballons nos affaires, sanglons les motos, faisons nos adieux aux copains du Bordeaux Moto Club et rentrons, épuisés par la mauvaise nuit et la journée bien remplie, mais heureux.

27.06.2008

18 mai 2008, Mérignac

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23.06.2008

Roulage du 22 juin à Mérignac

Depuis mes "scritch" de la dernière journée, j'attendais celle-ci avec une impatience difficilement retenue ; c'est qu'on devient vite accro aux sensations !

Les orages de la nuit ont laissé quelques flaques sur le circuit. Le temps, nuageux et lourd, nous fait craindre le pire mais finalement nous roulerons au sec et plus particulièrement l'après-midi sous le soleil et une chaleur infernale.

Ma première session est à la hauteur des précédentes : j'ai de suite mes bonnes sensations, je scritche avec gourmandise dans les deux paraboles. :)
Sur un gauche dans le sinueux, je sens mon slider qui poque et me fait très légèrement rebondir, comme la première fois que j'avais frotté à droite. Commencerais-je à trouver la bonne position à gauche ?
Aux tours suivants, un morceau de quelque chose dans le virage me perturbe un peu. Faudra signaler ça aux commissaires de piste, ce n'est pas vraiment dans la trajectoire mais c'est un peu gênant quand même.

Malgré mon travail appliqué, pas moyen de faire frotter à gauche. Tant pis, ça sera pour plus tard. Sur circuit, mieux vaut ne pas être trop impatient...

En sortant je m'apprête à prévenir les commissaires au sujet du bidule sur la piste... et remarque que je n'ai plus de slider à gauche !! Pas besoin de chercher midi à quatorze heure. Le "poc" et le bidule par terre, c'était mon slider qui s'était fait la malle...
Pas de souci, les commissaires l'ont ramassé et je le récupérerai à la pause déjeuner.

Ma deuxième session est plus laborieuse : je suis un peu coincée dans un paquet de pilotes et entre ceux qui me doublent et ceux qui me gênent, je profite peu des paraboles et scritche rarement. J'en profite toutefois pour travailler mes régimes et passages de rapport, parce que faire tout le circuit en 3 c'est quand même pas l'idéal, même si la petite Dayto en est très bien capable.
Cette fois-ci je joue un peu plus haut dans les tours et fait le plus gros en 2. Je passe la 3 en sortie de parabolique avant d'arriver sur la chicane, où je repasse la 2, puis la 3 à nouveau en sortie de chicane.
Je constate ainsi 2 choses : le moteur rupte à 13000 tours. Et j'arrive maintenant à prendre 180 km/h en vitesse de pointe (175 la dernière fois), probablement avant la chicane.

Avec la pause déjeuner, la chaleur s'installe. La première session de l'après-midi est un vrai calvaire. Je sue dans mon cuir, la fatigue, la digestion et l'heure de la sieste n'arrangent pas les choses. Je ne suis pas dans le rythme, je n'ai pas un bon feeling. Je sors avant la fin plutôt que de faire des bêtises.

J'attends toutefois la dernière session de la journée (ce dimanche, c'était 4 sessions de 20 minutes au lieu de 5 de 20, 15, et 3 x 12). Bien m'en a pris, ça va déjà beaucoup mieux. J'arrive à me placer dans un "trou", personne devant, personne derrière, et je peux donc travailler à mon aise. Je scritche de nouveau et j'essaie d'améliorer mon freinage. Je gagne quelques mètres avant la chicane, que j'arrive aussi à mieux négocier. Pour le freinage du bout de "ligne droite", je retarde jusqu'à l'entrée en courbe : ça fait bizarre de freiner en virage tout en se préparant à déhancher, mais je m'en sors pas trop mal.

Bilan de la journée, du plaisir mais un peu de galère aussi... J'ai toujours du mal à me positionner sur les virages à gauche et à me détendre assez pour passer à l'aise. La Triumph est toujours aussi géniale, je ne me lasse pas du plaisir à faire de la piste avec ! :)

Prochain roulage : Nogaro le 6 juillet.

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