03.04.2009

Essai BMW HP2 Sport

bmw_hp10.jpg
Prise en main
L'écran tout numérique affiche de suite la couleur : cette moto est une pistarde. A gauche, les tours/mn, en haut à droite, la vitesse, en bas un indicateur de rapport engagé et d'autres infos que je n'ai pas le temps de détailler. Ah, il y a l'heure aussi. Ce mode d'affichage peut bien sûr laisser la place à un affichage plus "racing", avec temps au tour et tout le bordel. Une série de leds au-dessus du cadran donnent une indication de la température du moteur : plus y'a de leds allumées, moins le moteur est chaud. Un petit trait apparaît également sur la barre des tours/mn pour indiquer quel régime ne pas dépasser en fonction de la température du moment. Bien ! Je me refamiliarise avec les déclencheurs de cligno façon BM.
La position est sportive sans être extrême : en fait, assez proche d'une Ducati SS à carbus. On n'est pas trop en appui sur les poignets et les jambes ne sont pas excessivement repliées. Il va sans dire que toutes les commandes sont réglables pour mettre la moto "à sa main". De suite on ressent l'impression de légèreté par rapport à une R classique, mais également que le centre de gravité est plus haut.
Contact, le moteur se fait entendre. Je me retrouve en terrain familier, c'est comme n'importe quel boxer.
Ensuite je passe la première.

Et là j'oublie tout ce que je sais des béhèmes.

Le moteur
Avec un sérieux coup de pied au cul, la 2 s'enclenche et me propulse. A la décélération, ça pète : apparemment, la teutone n'aime pas les bas régimes. Qu'à cela ne tienne ; le temps de s'échapper de la circulation pour rejoindre la petite route de Macau, le moteur est bien chaud et je commence à tirer les rapports. La poussée franche se fait sentir jusqu'à 6000 tours, ensuite on est dans le domaine du délire total : la HP2 semble enclencher le turbo et on grimpe aux arbres sans crier gare, dans un feulement du tonnerre. Un truc de dingue !!!
Le moteur vibre et fait sentir combien il est vivant, rien à voir avec le bloc du R1200R, très efficace mais avare de sensations question caractère. Inconvénient : ça vibre un peu aussi dans les poignées, mais bon dieu que c'est bon un moteur vivant !
Une longue ligne droite déserte se profile : j'ouvre en grand et tire parti du shifter. Sans débrayer ni même décélérer, je reste vissée gaz en grand et passe les vitesses comme dans du beurre tandis que le compteur de vitesse s'affole. Je flirte très rapidement avec les 200 et il est temps de rendre la main. De 6000 à 9000 (je n'ai pas osé tirer davantage, mais de toute façon le bridage se fait déjà sentir), c'est le feu d'artifice permanent. Seule subsiste une vague sensation de coton, comme si le moteur était vaguement contraint ; c'est évidemment le bridage et je n'ose imaginer combien ce moteur doit être agressif en full.
Trouver les bons rapports de boîte est parfois un peu difficile quand on n'a pas l'habitude, surtout en ville. La moto le fait savoir : en tombant un rapport, on provoque parfois un à-coup. En montant, c'est un coup de pied au cul qu'on se prend si on n'est pas calé au bon régime. Un truc à prendre, qui vient avec l'expérience de cette machine.
Le couple de renversement est bien sûr toujours sensiblement présent. C'est d'ailleurs la seule chose que l'on sent lorsqu'on passe les vitesses en shiftant, jusqu'à un certain régime au delà duquel ce couple s'estompe.

Freinage et partie-cycle
Le freinage est absolument irréprochable. J'avais l'ABS enclenché mais je n'ai pas cherché à le tester. Les étriers mordent férocement mais sans agressivité, c'est propre, net et pas du mou de veau. Bien ! Et puis il y a bien sûr le Telelever, invention tellement géniale que je ne comprends pas que seul BMW l'exploite. Quel bonheur de pouvoir freiner sur l'angle sans que rien ne bronche !
Question partie-cycle, je constate très rapidement qu'on n'emmène pas une HP2 Sport comme une R classique : le centre de gravité est plus haut placé et, logiquement, c'est donc avec les pieds qu'il faut faire le gros du travail, sous peine d'épuiser inutilement les bras et le haut du corps. Encore une fois la vocation de pistarde est très claire. Je reprends donc les habitudes de la Daytona : les bras ne servent à rien, je fais un embryon de déhanchement et appuie sur le cale-pied : la moto se place et penche sans problème. Les suspensions pourtant réglées "route" travaillent admirablement : quoique très ferme et très rigide, la moto absorbe les trous et les chocs et procure une sensation de confort et de sécurité bienvenue. Maniable sur le lent, la HP2 Sport se montre donc virile à placer à haute vitesse mais docile pour peu qu'on ait pigé son mode d'emploi.

Conclusion
A côté de moi à un feu rouge, Sauval sur sa 996 me jette un coup d'oeil interrogateur. Le sourire qu'il voit dans mon casque vaut toutes les explications du monde : cette moto est non seulement une pure réussite technologique mais n'a également pas oublié ses gênes de bicylindre et délivre de bonnes sensations moteur qui n'existent pas sur un autre boxer 1200. J'ai pris un panard total !
En revanche, c'est vraiment une moto faite pour la piste. La conduire sous 6000 tours est inenvisageable, et au-dessus de 6000 c'est une conduite très sportive et un piège à points qui nous attendent. Raisonnable ? Absolument pas. Exclusive ? A sa façon. Unique ? Sans conteste. Et c'est bien sur ce point qu'elle peut facilement faire pencher la balance.

A notre retour à la concession, longue discussion avec le chef d'atelier, qui nous apprend que l'entretien n'est pas plus exclusif que sur un autre Boxer. En utilisation sur piste, il faut bien sûr faire des vidanges et des purges plus fréquentes, mais ça c'est le lot de toutes les pistardes.
Il n'y a donc rien de rhédibitoire à posséder un tel engin, sinon son prix élevé et son comportement routier totalement déraisonnable.

01.04.2009

Nouveau joujou

Pas moyen de faire autrement : je suis tellement accro à cette moto que sans elle, j'ai l'impression qu'il me manque un membre. La position de conduite, le moteur, la partie-cycle, tout semble fait à ma taille, à ma main, à mon goût.
Ce n'est sans doute pas la plus jolie des Ducati, mais les émotions qu'elle me donne compensent largement ce physique un peu particulier.

La remplaçante de Biquette est donc, en toute logique, une 800 SSie.
Celle-ci est de 2003, 44.000 kms, des pots full barouf et un filtre KN.

Vivement les premières balades à son guidon !





17.03.2009

Quelques nouvelles

Le soleil nous gratifie de ses rayons depuis quelques jours, la température est douce, quelle belle fin mars ! Pour le coup, nous activons les préparatifs en vue de nos premières grosses balades.

Patrick a fini de remettre le café racer en état de marche, la carte grise et la plaque sont faites, les rétroviseurs en cours de montage (les anciens rétros étant perdus, il a fallu en trouver qui aillent et les adapter).

On s'attaque à la révision du 996 : courroies à changer, batterie morte, vidange, filtres, fluides. Le pneu arrière usé est déjà changé. On fera le jeu aux soupapes en rentrant de la Flatapak.

Dans la foulée, on fera la révision du Monster, on ne sait jamais.

Je cherche toujours une remplaçante à Biquette, mais à défaut de trouver avant avril au moins je ne serai pas à pied. :-)

12.03.2009

Old school (suite)

Comme je n'ai toujours pas de nouvelles de la Caisse d'Epargne depuis la démarche entreprise ici, je me fends ce matin d'un coup de fil à l'agence concernée.
Touche étoile, menu, touche 3, attente, téléphone qu'on décroche puis qu'on raccroche, petite musique neuneu de type fichier MIDI qui déchire les oreilles, attente, et finalement quelqu'un décroche. Je me présente, j'explique que j'ai envoyé un courrier il y a plus de deux semaines, je demande où on en est de cette clôture de livret A.

Après m'avoir identifiée et identifié le numéro de mon livret (ouf, au moins il existe bel et bien !), mon interlocutrice me demande où l'argent doit être transféré (on avance, on avance...). Je rappelle que j'ai envoyé un courrier avec un RIB et mon adresse, au cas où la Caisse d'Epargne préfèrerait m'envoyer un chèque de banque. Et là, je suis de nouveau confrontée à l'organisation extraordinaire d'un établissement qui se veut être une banque : "Je vais me renseigner pour voir si on a reçu le courrier, si on l'a reçu il doit être quelque part".

Duh, comme disent les anglophones.

Sur la promesse que mon cas sera traité dans la semaine (prochaine, je suppose, vu qu'on est déjà jeudi), je raccroche, encore sous la vague impression d'avoir pénétré un monde fantastique où rien ne presse, rien n'a d'importance et internet n'existe pas.

09.03.2009

www.eliseturion.com

Graphiste - Infographiste freelance - Français - English

(Un peu d'auto-promotion, ça peut pas faire de mal)

19.02.2009

Old school

Face à la démesure et aux excès en tous genres que le progrès semble générer dans son sillage, laissant parfois à quai, le regard perturbé et le coeur angoissé, un vétéran du stylo plume à l'encre violette trop habité par un passé riche en écritures cursives pour tenter de s'approprier les miracles de l'ère numérique, il est rassurant de découvrir qu'il existe encore dans notre monde cyber-hystérique un havre de paix où l'informatique n'a pas encore totalement frappé.

Oui, cela existe encore. Je le sais, j'en viens.

Cela s'appelle la Caisse d'Epargne.

Titulaire d'un vieux, très vieux livret A en inactivité depuis... disons avant la disparition du franc, je me suis rendue ce matin à l'agence à l'écureuil la plus proche de chez moi, en toute logique, pour obtenir la clôture de ce livret et le versement des quelques 62,75 euros qui traînent encore dessus, résidus de fonds poche ayant accouchés de quelques centimes d'année en année.
Bien sûr, mon livret est toujours domicilié au paradis de mon adolescence : sous les palmiers de Bandol.
Ce qui, dans n'importe quelle banque, ne semble pas poser de problème, s'avère ici un obstacle insurmontable.

"- Le livret est domicilié à notre agence ?
- Non.
- Il faut que alliez à votre agence pour le clôturer.
- Ca va être difficile, c'est dans le Var.
- Je ne peux rien faire pour vous, (et attention, là, cher lecteur, tiens-toi bien) nous ne sommes pas reliés informatiquement avec le Var.
- (!!)...
- Ce que vous pouvez faire, c'est leur envoyer une lettre avec une copie d'une pièce d'identité en leur demandant de clôturer votre livret. Ils vous enverront un chèque de banque."

C'est fantastique ! Une banque à l'ancienne, où l'agence X ne peut pas communiquer avec l'agence Y. Un bon vieux fonctionnement à la papa, où ce qui est fait par l'un ne peut pas être défait par l'autre.
Je me demande même si le format du livret tel que je le connais, où les transactions étaient inscrites par une bonne vieille imprimante à aiguilles, dont le bruit reste pour moi éternellement associé au contentement enfantin de petites économies jalousement épargnées, je me demande si ce format n'a lui aussi toujours pas changé.

Je n'en saurai sans doute rien. Le facteur se chargera demain de tirer un trait sur ma petite épargne obsolète.