09.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 2

Au matin, le temps ne s'est pas vraiment arrangé. Au moins pas d'hésitation : j'enfile d'office la combinaison de pluie. Finalement ce n'est pas plus mal, vu qu'il fait froid. Je trace direct vers Saint-Flour, où je pars en quête d'une bombe de graisse pour ma chaîne, malmenée par toute cette flotte. Le premier bouclard moto est en rupture de stock. Le deuxième aussi. Avec quoi graissent-ils leurs chaînes, dans ce pays ? Une tranche de lard vissée sous le cache-chaîne ? Tant pis, je poursuis comme ça. La chaîne est neuve de toute façon, les toriques ne vont pas se flinguer de suite.

J'emprunte la superbe route de Pinols et Langeac. La dernière fois que j'y étais passée, c'était en mai. L'herbe était fraîche, les fourrés en fleur et le ciel d'un beau bleu printanier.

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A présent, l'herbe montre des signes de sécheresse, les fourrés s'avachissent sous la pluie et le ciel est d'un gris uniforme. En revanche la route semble avoir été regoudronnée, ce qui n'était pas du luxe. J'enroule donc en douceur sur le mouillé et me satisfait pleinement d'être seule, ici, sans croiser aucun véhicule, avec les odeurs d'humus et de bonne terre pour compagnie. Pas de vague à l'âme : même dans la grisaille, bien a l'abri de vêtements étanches, la moto c'est le bonheur...

Je franchis l'Allier et frôle le Forez jusqu'au Puy-en-Velay. Le temps ne se prête toujours pas au tourisme mais les routes du coin sont prometteuses. Je fais donc un beau détour par les bords de Loire pour aller à Yssingeaux. La Loire ici n'est qu'une modeste rivière aux méandres rocailleux. On y voit toutefois de jolis châteaux, évidemment bien plus anciens que ceux qui suivent le fleuve d'Orléans à Angers. Je suis encore une fois quasiment seule sur la route et c'est un bonheur que j'apprécie infiniment.

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D'Yssingeaux je suis la route jusqu'à Montfaucon où je m'arrête pour un casse-croûte. Une petite échoppe à kébab m'accueille chaleureusement, je m'attable et engloutit quelques calories relevées de sauce harissa. Après cette petite pause, je traverse la forêt de Taillard jusqu'à Bourg-Argental puis Annonay. Je passe le Rhône à Serrières puis commence le long cheminement, tout droit, jusqu'à Voiron. Le temps se dégage et je peux, pour la première fois depuis Libourne, ranger ma combinaison de pluie. Quel bonheur de sentir l'air se faufiler à travers le cuir !
En bonne touriste qui ne connaît pas les chemins détournés, je me tape la pénible traversée de Voiron. Heureusement il y a moins de monde qu'en saison, mais ça reste casse-pied quand même. Je tombe par hasard sur un concessionnaire Yamaha et finis enfin par trouver une bombe de graisse pour chaîne. Ma Diablesse aura droit à un petit soin demain matin.

Ensuite la route de Chambéry est assez sympa, quelques coins qui tournicotent, d'autres coins avec une belle vue sur les montagnes. La route est de moins en moins mouillée et je peux donc m'amuser un peu. Les nuages omniprésents de part et d'autre de la route m'empêchent toutefois de prendre des photos intéressantes.

A Chambéry je m'aperçois que l'heure a bien tourné et qu'il ne faudrait quand même pas arriver trop tard chez Gilles. J'opte donc pour l'autoroute jusqu'à Annemasse. Il y a beaucoup de circulation sur les bords du lac Léman, sans doute les gens qui rentrent du travail. Le lac à gauche, la montagne à droite, c'est joli mais la route est trop chiante et trop peuplée pour en profiter pleinement. Finalement j'arrive à Anthy-sur-Léman sur les coups de 19h, je me perds un peu, Gilles vole à mon secours et nous descendons une bonne bière avant d'aller retrouver Kakiol et Mazée au restaurant du coin.

Mazée est venue sur sa superbe R1200R tandis que Kakiol a fait le trajet sur un engin japonais improbable aux formes disgracieuses. Nous lui jetons quelques cailloux puis nous attablons pour un délicieux dîner de poisson du lac et un excellent vin local. La soirée est fort agréable et j'ai un plaisir immense à retrouver des copains de Flatapak dans leur biotope. Une bonne nuit réparatrice et demain sera un autre jour... pluvieux !

A suivre...

08.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 1

C'est arrivé un peu par hasard. Claire, de passage à la maison, me propose de lui tenir compagnie lors de la manche allemande du Superbike. Le Nürburgring, c'est pas la porte à côté, et en ces temps de récession je trouve l'affaire assez peu raisonnable. Mais Sauval, sensiblement angoissé à l'approche de mon anniversaire ("mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir ?"), saisit la balle au bond et décide que ce voyage sera mon cadeau.

Bon, dans ces conditions, difficile de dire non.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais me faire un super road-book et en profiter pour aller voir des copains ! Ca tombe bien, l'Alsace est sur la traj' (enfin, la mienne...), depuis le temps que Robert et Marie nous proposaient d'aller les voir. Gilles m'envoie également un petit mot, le road-book est donc tout tracé : je passerai aussi par Thonon. :-)

La veille du départ, un coup d'oeil aux prévisions météo me fait beaucoup moins rigoler. Nous avons eu un été formidable et il va falloir en payer le prix : le temps annoncé sera dégueulasse sur tout mon itinéraire. Le soleil devrait revenir en même temps que moi. Gros soupir.

La moto est préparée, les bagages ficelés, nous sommes le 1er septembre et je me sauve sur les coups de 10h30.

Optimiste malgré le ciel maussade, je laisse la combinaison de pluie dans la sacoche de réservoir. Mon trajet me fait tout d'abord prendre la voie rapide jusqu'à Libourne. En arrivant aux abords de la ville, je croise des voitures visiblement mouillées. Ce n'est pas de bon augure, je m'arrête donc enfiler ma combi et, bien entendu, je ne la quitterai presque plus ces prochains jours...

Il pleut doucement sur les vignes du Pomerol, de Lussac et de Saint-Emilion. Je roule tranquillement dans les beaux paysages de l'Entre-deux-Mers. Une petite erreur d'aiguillage m'amène à Montpon-Ménestérol alors que j'avais prévu de la petite route jusqu'à Mussidan. Tant pis, je prends la roulante et retrouve la suite de mon itinéraire : Issac, Vergt, les Eyzies.

Il commence à faire faim, j'avise une petite sandwicherie à l'entrée du hameau touristique et engloutit un jambon (de pays) - fromage en devisant avec la taulière et un autochtone qui, indifférent au temps humide et frais, se descend une énorme glace. J'aime ces arrêts improvisés dans de petits établissements qui ne paient pas de mine ; une grande table en bois à l'abri d'une tonnelle, des gens du cru toujours prêts à discuter avec le touriste de passage, pour autant que l'invasion estivale soit passée, et la vue sur la moto, histoire de bien savourer pourquoi, comment on est là, et avec quel plaisir on y est arrivé quelles que soient, au fond, les conditions météo.

Rassasiée, je reprends la route pour suivre les superbes abords de la Vézère. Le temps, toujours aussi maussade, ne m'incite pas à sortir mon appareil photo. C'est dommage, l'endroit est superbe, entre habitats troglodytes, châteaux-forts et belles demeures en pierre perdues au détour d'un virage, sur une route fort peu fréquentée en cette fin de saison. La pluie fait ressortir les odeurs des sous-bois. Il doit y avoir des champignons dans le coin, l'eau m'en monte à la bouche. Tout est paisible et la nature semble respirer, rafraichie par cette eau qui semble avoir tant manqué cet été.

A Terrasson je fais le choix de petites routes de campagne plutôt que la bête nationale fréquentée par les camions et traversant de tristes zones commerciales jusqu'à Brive. Bien m'en prend : le bitume est correct, la route déserte tournicote et les paysages sont de toute beauté. Je poursuis ainsi par Larche, le Lac du Causse et jusqu'à Nespouls. Cinq kilomètres d'autoroute me ramènent ensuite à Noailles, d'où j'emprunte la belle D38 jusqu'à Beaulieu-sur-Dordogne.

Passage à Collonges-la-Rouge, la bien nommée...





Beaulieu apparaît fantomatiquement sur les rives de la Dordogne couverte de brouillard.



En remontant vers Argentat, la route est un peu séchante et je profite davantage des belles courbes. Ensuite le trajet jusqu'à Mauriac est assez monotone.
Un coup d'oeil aux montagnes me dissuade de passer par Salers et le col du Pas de Peyrol au Puy-Mary. J'ai déjà été surprise ici par une averse de grêle, ce n'est pas une expérience que je tiens à renouveller... Mais je m'en voudrais de ne pas profiter un peu des monts cantaliens. Je décide donc de passer par Riom-es-Montagne avant de redescendre sur Murat, pour mon étape nocturne.

Ce n'était pas une idée formidable. La pluie reprend et dans la montagne le brouillard s'en mêle. Les routes ont été copieusement arrosées de gravillons et pour finir je me trouve coincée derrière un camion. Pas franchement le bonheur. Je n'y vois pas grand-chose, il fait froid, ça glisse, je manque de peu le parapet d'un pont en tournant sur du gravier. Heureusement, à la vitesse où je me traîne, je ne me serais pas fait bien mal.

Ce qui s'apparente à une galère sans fin trouve toutefois sont point d'orgue sur les hauteurs de Murat. Une dernière petite virgule dans un rond-point un peu gras, et je peux laisser la moto dans le garage de mon oncle et me réconforter d'une bonne bière et d'un repas bien chaud en famille.

La suite au prochain épisode.

21.08.2009

Emotion littéraire

Je ne parle pas beaucoup de livres sur ce blog - c'est le moins que l'on puisse dire. Et pourtant je lis pas mal. Bien souvent ce qui me tombe sous la main, avec plus ou moins de bonheur. Bon public, je me repais principalement de sagas historiques ou de romans d'aventure. Les huis-clôts ou les drames sentimentaux me passionnent peu.

En achetant Terre des Oublis, de Duong Thu Huong, je craignais de m'ennuyer un peu mais j'étais décidée à tenter une expérience. Je ne l'ai pas regrettée.

J'ai rarement été aussi émue par un livre. Il y a d'abord l'écriture, le style. Chaque page, chaque description semble une peinture vivante. Chaque paysage semble épouser le cours d'un temps lent, contemplatif, patient - même au coeur des événements les plus tragiques. Il y a ensuite l'histoire, bien peu de choses en fait - au Vietnam, une femme remariée doit retourner vivre auprès de son premier mari que l'on croyait mort à la guerre. Il y a surtout les personnages, très travaillés, et à travers eux une lecture extrêmement lucide, dans le pire comme dans le meilleur, de la nature humaine. Calmement, patiemment, au détour des drames et bonheurs passés, de ceux de la vie quotidienne, des espoirs et des illusions, on se retrouve à aimer, haïr, pardonner, comprendre, partager finalement le lot de ces personnages parfois pathétiques, parfois héroïques, qui ne sont que le reflet de nos propres existences.

Je n'oublierai pas de sitôt Terre des Oublis.

09.07.2009

Roulage du 5 juin au Bourbonnais (Moulins)

Sauval et le 900 SS

Le 996 et moi

24.06.2009

Quand les bergers s'ennuient...

08.06.2009

Roulage du 17 mai à Mérignac