« 2009-08 | Page d'accueil | 2009-10 »

14.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 7

Je ne sais pas comment elle a réussi ce tour de force, mais Claire s'est levée pour aller au boulot ! Moi, je n'émerge pas avant 10h30. Une bonne douche, un tranche de pain, et hop me voilà repartie. Le soleil brille à fond et il fait chaud. Ca tombe bien, c'est mon dernier jour de vacances...

A défaut de virages dans cette région, j'opte pour un itinéraire un peu touristique. Destination Chambord en premier lieu.

126_2633.JPG
P'tain ça doit être la misère à chauffer, ce truc. Et puis déjà qu'avec Patrick on se court parfois après dans notre petite maison de 4 pièces, là il doit falloir un GPS et un portable pour se retrouver !

Je continue vers le château de Cheverny, bien connu des tintinophiles puisqu'il inspira le château de Moulinsart. Je ne sais pas comment je m'y prends, mais entre la recherche d'un boui-boui pour acheter un casse-dalle et la recherche d'un spot pour pique-niquer tranquille, je manque complètement de voir le château. Ou alors il était planqué derrière les murs. Bref, je mange adossée à un arbre sur une petite route déserte (à ce sujet, noter : ne pas s'adosser à un pin. Sauf à passer 10mn à nettoyer ses vêtements à l'essence F pour faire partir la résine), tant pis, je poursuis ma route.

Dans l'Indre, on trouve aussi de beaux châteaux. Celui-ci est à Azay-le-Ferron.
126_2634.JPG
Jusqu'à Bellac, les routes sont ennuyeuses à mourir. Je peste de n'avoir pas eu ce temps-là quand j'étais dans les jolis coins, à l'aller. Ici, c'est du gâchis.
Ensuite, par St-Junien, Rochechouart, Nontron et Ribérac, c'est franchement plus rigolo. Pour la première fois en 6 jours, je peux vraiment mettre du gros gaz sans trop réfléchir. Ca fait du bien !

Fatiguée de cette folle semaine, toutefois, j'arrête les frais à Montpon-Ménestérol d'où je chope l'autoroute pour rentrer à Bordeaux.

Arrivée à 19h30 à la maison, une bonne douche, une bonne bière et un bon repas m'attendent, ainsi qu'un Sauval et qu'un Goliath (le chat) plutôt satisfaits de me voir revenue de mon périple.

Merci Claire pour l'invit', merci Patrick pour le cadeau... On remet ça quand ?

Pessac - Nürburgring, jour 6

Le grand jour ! On remballe nos affaires et zou, au circuit.

Ce matin il fait très beau temps et ça, c'est une bonne nouvelle. Je n'avais pas vu le soleil depuis un bon moment.

En matinée, nous passons un peu de temps sur la pit lane.

Troy Corser sur la béhème

126_2620.JPG

La 1198 de Haga, à poil.

126_2622.JPG

Haga de retour du warm-up

126_2623_r1.jpg

Mc Coy

126_2626.JPG

La première course commence et c'est la catastrophe. Un pilote Kawa part en glisse au 2ème virage et percute d'autres pilotes. Hopkins est par terre et se fait rouler dessus, une Kawa prend feu dans les graviers. La scène, très violente, est choquante et j'en ai l'estomac retourné. Les médecins interviennent, drapeau rouge, Hopkins inconscient est évacué. Heureusement, nous apprendrons par la suite qu'il s'en tire sans trop de dommages.

Un deuxième départ est donc donné 25 mn plus tard. Haga prend la tête et la garde un moment, suivi par Rea et Spies.

126_2627.JPG

Spies ne tarde pas à recoller Haga et un long duel commence. A deux tours de la fin, Haga, vaincu, rend la main et sauve les points de la deuxième place.

Nous regardons ensuite tourner le 1000 SuperStock. Le 600 SuperStock est reporté à cause du retard pris lors de la première manche Superbike.

Pour la deuxième manche, le temps se couvre et on craint la pluie... qui, heureusement, ne se montrera pas. Haga fait un bon départ mais se retrouve vite coincé par Rea et Checa, Spies sur les talons.

126_2630.JPG
126_2631.JPG

Au 4ème tour, Rea élargit un poil à la sortie de l'épingle et percute Haga, qui finit dans les graviers. Colère ! Spies finira par remonter à la deuxième place mais devra concéder la victoire à Rea.

Fatiguées par nos crapahutages, nous suivrons le 600 SuperStock depuis la salle de presse. Puis il est temps de boucles les valises et de se remettre en route. Nous devons rentrer à Orléans, y'en a une qui travaille le lundi...

La traversée se fait au plus direct, en évitant les autoroutes pour ne pas s'endormir. Luxembourg, Lorraine, Champagne - les vendanges ont commencé, ça sent la vinasse ! Je ne sais plus trop par où on passe, le froid et la conduite de la moto me maintiennent éveillée. Finalement, nous arrivons à Orléans vers les 2 heures du matin. Raaaah, dormir !!!

A suivre...

 

12.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 5

Cette fois-ci, on y est ! Une petite virée de 40 bornes sur une super route (malheureusement encore mouillée) nous amène au Nürburgring. Je récupère mon accréditation et nous filons direct au media center poser nos affaires et nous équiper d'une chasuble obligatoire pour circuler sur le circuit.

Nous parcourons à pied une bonne partie du tracé, en prenant quelques photos des essais ici et là.

125_2596.JPG
125_2597.JPG
Je fais quelques photos d'ensemble, sous un ciel très changeant.
125_2598.JPG
125_2600.JPG
On trouve des spots où les pilotes passent vraiment tout près.
126_2601.JPG
126_2607.JPG
Au bout de la ligne droite des stands, il y a une épingle à droite en dévers avec une sévère cassure à l'intérieur. C'est impressionnant.
126_2613.JPG
126_2615.JPG
Fatalement, à cet endroit, il y a des glissades...
126_2616.JPG
Nous restons un instant sur le spot le plus proche de la piste.
126_2619.JPG
Nous suivons les qualifs et les Superpoles. Haga prend la pôle, c'est bon, on peut rentrer à l'hôtel !

Retour par les routes à virages, bière, dîner, dodo.

A suivre...

11.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 4

Vers les 10h30, je suis prête à repartir. Pour l'instant il fait beau, mais j'ai découvert la veille que le temps en Alsace pouvait changer très rapidement...
Un petit coup de graisse sur la chaîne et j'entame l'ascension vers le Mont Sainte-Odile. La Madonne veille sur l'Alsace : elle a bien raison, de là-haut on a une vue superbe. La Forêt noire s'étend à l'horizon et les nuages refont leur apparition...

125_2591.JPG
125_2592_r1.jpg
Il ne faudra pas longtemps avant que je ne doive remettre mes vêtements de pluie.

Je redescend vers Niederhaslach et roule sous la pluie jusqu'à La Petite-Pierre et son impressionnant château via Dabo et Phalsbourg. La route est très jolie mais le village historique est en partie caché par les nuages. Encore raté pour les photos...
Je m'arrête toutefois dans une petite brasserie pour manger un bon plat chaud. Après toute cette pluie, le gratin vosgien au munster est très réconfortant.

Il pleut toujours lorsque je reprends la route, mais ça se calme sensiblement. Je tire tout droit par les petites routes viroleuses du parc des Vosges du Nord, jusqu'à Bitche. Le mauvais temps n'incite pas au tourisme, je passe donc mon chemin.

La frontière est vite avalée et à Zweibrücken toute l'eau du ciel me tombe sur la tête. On n'y voit pas à 20 mètres devant soi, la route est une vraie piscine. Je me traîne sur l'autoroute jusqu'à Neunkirchen et enchaîne les patelins aux noms bizarres : St-Wendel, Nohfelden, Birkenfeld, Morbach, Bernkastel-Kues. Ici c'est la Moselle allemande et la route suit les méandres de la rivière. La pluie s'est calmée et le paysage est fantastique. Les vignes sont accrochées à des flancs de coteaux aux pentes particulièrement prononcées. Je n'ai jamais vu chose pareille.
125_2593.JPG
125_2594.JPG
N'ayant pas de carte détaillée, je me perds un peu dans l'Eifel pour trouver le village où nous avons notre hôtel. Je découvre une région aux routes serpentines et aux vallons boisés et parsemés de châteaux-forts qui n'est pas sans me rappeler certains coins du Massif Central. C'est sûr, il faudra revenir par beau temps !

Après quelques arrêts auprès d'autochtones pour retrouver ma route, je finis par atterrir à Salm. L'hôtel n'est pas difficile à trouver : il est clairement indiqué, souhaite la bienvenue aux motards, et de toute façon ce doit être le seul hôtel du village. Claire vient juste de rentrer du circuit. Nous garons les motos, prenons possession de nos chambres et descendons nous relaxer au bar à grandes pintes de bière locale, ce qui surprend un peu notre hôte, sans doute peu habitué à voir des petites Françaises écluser une "grosse bier" en 15 mn (petite moyenne, mais il ne faisait pas spécialement chaud).

Le repas est délicieux et fort agréable. Y'a des champignons et des spetzles (?) dans mon assiette, miam-miam !

Là-dessus, couchées comme les poules. C'est que demain, on va crapahuter...

A suivre...

10.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 3

Debout à 7h15, un petit coup de graisse sur la chaîne de la Diablesse et je pars sur les coups de 8h avec Gilles de l'autre côté du lac. Nous nous quittons à Vevey sous les premières gouttes de pluie. Séance d'habillage étanche pour moi, journée de boulot qui commence pour Gilles.

 

125_2579.JPG

Ici c'est la Suisse, attention aux limitations à 80km/h. Je passe par Oron-la-Ville puis Moudon. Les paysages ici sont plutôt doux, très verts, et les petites maisons suisses conformes au cliché qu'on s'en fait : proprettes, fleuries avec un jardin soigneusement tenu.

125_2583.JPG
125_2584_r1.jpg

La route d'Yverdon serait fort sympathique s'il ne se mettait pas à pleuvoir de plus belle. Dommage pour le tourisme, je suis trop concentrée sur ma conduite pour admirer la vue... bouchée de toute façon. Après Sainte-Croix, je passe la frontière et me fait interroger sur mes allées et venues par le fonctionnaire local. Visiblement mes réponses doivent le satisfaire, la Diablesse ne sera pas démontée pour être fouillée.

A Pontarlier je suis les suggestions de Gilles : balade le long du Doubs, dans le défilé d'Entreroche. Le paysage est superbe, malgré le mauvais temps. A Morteau j'oblique vers le Cirque de Consolation. Par la petite D20 je rejoins Gigot (!), le Pont-Neuf puis Saint-Hippolyte. Gilles avait raison, ce sont des routes merveilleuses. Je suis toujours seule au monde, la pluie va et vient, faiblement à présent. Je goûte chaque instant avec un bonheur sans cesse renouvelé, en me disant qu'il faudra revenir les jours de beau temps.

Comme je n'avais pas très faim aujourd'hui, je m'arrête cinq minutes pour manger quelques mini-Mars et boire un peu d'eau. Pas très diététique, tant pis. Mes nourritures sont d'une autre nature, emoustillée par les grognements de ma Diablesse et la pureté minérale et sylvestre des paysages de Franche-Comté.

La route me mène à Montbéliard. Une rapide analyse de la carte m'incite à prendre l'autoroute pour rejoindre Belfort en évitant de tourner dans les agglomérations pendant des heures.
Ensuite c'est Giromagny puis le Ballon d'Alsace.
La route tournicote dans tous les sens et, en plus, elle est sèche ! Je me console de tant de beaux parcours à allure d'escargot et dégourdit les cylindres de la Ducati. Les Vosges, c'est pas moins beau que le Jura et on s'y amuse autant ! :)

125_2585_pano.jpg

J'emprunte la Route Joffre jusqu'à Bitschwiller puis j'attaque la montée vers le Grand Ballon. Vue superbe garantie.

125_2587.JPG
125_2588.JPG
125_2589_r1.jpg

Ensuite c'est la route des Crêtes, la fameuse. Sauf que là, c'est la catastrophe : il se remet à pleuvoir, y'a du brouillard à couper au couteau et ça glissouille par endroits. Galère totale. Sinon, ça doit être joli. Je suppose.
Je poursuis ainsi jusqu'au Col du Bonhomme, où le brouillard se lève. Au col de Ste Marie, il ne pleut plus. M'enfin c'est ici que la super route s'achève, alors franchement...

Je commence à en avoir un peu plein les pattes, aussi je décide de foncer direct sur Sélestat. A la sortie du patelin je loupe un peu la bonne route mais retrouve rapidement celle qui mène à Barr. Je tourne un peu dans le patelin avant de trouver la bonne rue, puis je me perds dans un chemin de vigne (merci Google Maps...) et finit quand même par trouver le chemin de chez Robert et Marie. Une dernière petite épingle, moins ardue que ce que je craignais après les propos de Robert (en gros, "t'es pas un vrai motard si t'arrives pas à monter l'épingle de chez moi"), et me voici à la Casa avec vue imprenable sur l'Alsace. Youpi ! Je passe là encore une superbe soirée avec les copains, agrémentée d'un délicieux repas arrosé d'un très bon vin d'Alsace. La vie est belle !

 

09.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 2

Au matin, le temps ne s'est pas vraiment arrangé. Au moins pas d'hésitation : j'enfile d'office la combinaison de pluie. Finalement ce n'est pas plus mal, vu qu'il fait froid. Je trace direct vers Saint-Flour, où je pars en quête d'une bombe de graisse pour ma chaîne, malmenée par toute cette flotte. Le premier bouclard moto est en rupture de stock. Le deuxième aussi. Avec quoi graissent-ils leurs chaînes, dans ce pays ? Une tranche de lard vissée sous le cache-chaîne ? Tant pis, je poursuis comme ça. La chaîne est neuve de toute façon, les toriques ne vont pas se flinguer de suite.

J'emprunte la superbe route de Pinols et Langeac. La dernière fois que j'y étais passée, c'était en mai. L'herbe était fraîche, les fourrés en fleur et le ciel d'un beau bleu printanier.

124_2442.JPG

A présent, l'herbe montre des signes de sécheresse, les fourrés s'avachissent sous la pluie et le ciel est d'un gris uniforme. En revanche la route semble avoir été regoudronnée, ce qui n'était pas du luxe. J'enroule donc en douceur sur le mouillé et me satisfait pleinement d'être seule, ici, sans croiser aucun véhicule, avec les odeurs d'humus et de bonne terre pour compagnie. Pas de vague à l'âme : même dans la grisaille, bien a l'abri de vêtements étanches, la moto c'est le bonheur...

Je franchis l'Allier et frôle le Forez jusqu'au Puy-en-Velay. Le temps ne se prête toujours pas au tourisme mais les routes du coin sont prometteuses. Je fais donc un beau détour par les bords de Loire pour aller à Yssingeaux. La Loire ici n'est qu'une modeste rivière aux méandres rocailleux. On y voit toutefois de jolis châteaux, évidemment bien plus anciens que ceux qui suivent le fleuve d'Orléans à Angers. Je suis encore une fois quasiment seule sur la route et c'est un bonheur que j'apprécie infiniment.

125_2578_r1.jpg

D'Yssingeaux je suis la route jusqu'à Montfaucon où je m'arrête pour un casse-croûte. Une petite échoppe à kébab m'accueille chaleureusement, je m'attable et engloutit quelques calories relevées de sauce harissa. Après cette petite pause, je traverse la forêt de Taillard jusqu'à Bourg-Argental puis Annonay. Je passe le Rhône à Serrières puis commence le long cheminement, tout droit, jusqu'à Voiron. Le temps se dégage et je peux, pour la première fois depuis Libourne, ranger ma combinaison de pluie. Quel bonheur de sentir l'air se faufiler à travers le cuir !
En bonne touriste qui ne connaît pas les chemins détournés, je me tape la pénible traversée de Voiron. Heureusement il y a moins de monde qu'en saison, mais ça reste casse-pied quand même. Je tombe par hasard sur un concessionnaire Yamaha et finis enfin par trouver une bombe de graisse pour chaîne. Ma Diablesse aura droit à un petit soin demain matin.

Ensuite la route de Chambéry est assez sympa, quelques coins qui tournicotent, d'autres coins avec une belle vue sur les montagnes. La route est de moins en moins mouillée et je peux donc m'amuser un peu. Les nuages omniprésents de part et d'autre de la route m'empêchent toutefois de prendre des photos intéressantes.

A Chambéry je m'aperçois que l'heure a bien tourné et qu'il ne faudrait quand même pas arriver trop tard chez Gilles. J'opte donc pour l'autoroute jusqu'à Annemasse. Il y a beaucoup de circulation sur les bords du lac Léman, sans doute les gens qui rentrent du travail. Le lac à gauche, la montagne à droite, c'est joli mais la route est trop chiante et trop peuplée pour en profiter pleinement. Finalement j'arrive à Anthy-sur-Léman sur les coups de 19h, je me perds un peu, Gilles vole à mon secours et nous descendons une bonne bière avant d'aller retrouver Kakiol et Mazée au restaurant du coin.

Mazée est venue sur sa superbe R1200R tandis que Kakiol a fait le trajet sur un engin japonais improbable aux formes disgracieuses. Nous lui jetons quelques cailloux puis nous attablons pour un délicieux dîner de poisson du lac et un excellent vin local. La soirée est fort agréable et j'ai un plaisir immense à retrouver des copains de Flatapak dans leur biotope. Une bonne nuit réparatrice et demain sera un autre jour... pluvieux !

A suivre...

08.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 1

C'est arrivé un peu par hasard. Claire, de passage à la maison, me propose de lui tenir compagnie lors de la manche allemande du Superbike. Le Nürburgring, c'est pas la porte à côté, et en ces temps de récession je trouve l'affaire assez peu raisonnable. Mais Sauval, sensiblement angoissé à l'approche de mon anniversaire ("mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir ?"), saisit la balle au bond et décide que ce voyage sera mon cadeau.

Bon, dans ces conditions, difficile de dire non.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais me faire un super road-book et en profiter pour aller voir des copains ! Ca tombe bien, l'Alsace est sur la traj' (enfin, la mienne...), depuis le temps que Robert et Marie nous proposaient d'aller les voir. Gilles m'envoie également un petit mot, le road-book est donc tout tracé : je passerai aussi par Thonon. :-)

La veille du départ, un coup d'oeil aux prévisions météo me fait beaucoup moins rigoler. Nous avons eu un été formidable et il va falloir en payer le prix : le temps annoncé sera dégueulasse sur tout mon itinéraire. Le soleil devrait revenir en même temps que moi. Gros soupir.

La moto est préparée, les bagages ficelés, nous sommes le 1er septembre et je me sauve sur les coups de 10h30.

Optimiste malgré le ciel maussade, je laisse la combinaison de pluie dans la sacoche de réservoir. Mon trajet me fait tout d'abord prendre la voie rapide jusqu'à Libourne. En arrivant aux abords de la ville, je croise des voitures visiblement mouillées. Ce n'est pas de bon augure, je m'arrête donc enfiler ma combi et, bien entendu, je ne la quitterai presque plus ces prochains jours...

Il pleut doucement sur les vignes du Pomerol, de Lussac et de Saint-Emilion. Je roule tranquillement dans les beaux paysages de l'Entre-deux-Mers. Une petite erreur d'aiguillage m'amène à Montpon-Ménestérol alors que j'avais prévu de la petite route jusqu'à Mussidan. Tant pis, je prends la roulante et retrouve la suite de mon itinéraire : Issac, Vergt, les Eyzies.

Il commence à faire faim, j'avise une petite sandwicherie à l'entrée du hameau touristique et engloutit un jambon (de pays) - fromage en devisant avec la taulière et un autochtone qui, indifférent au temps humide et frais, se descend une énorme glace. J'aime ces arrêts improvisés dans de petits établissements qui ne paient pas de mine ; une grande table en bois à l'abri d'une tonnelle, des gens du cru toujours prêts à discuter avec le touriste de passage, pour autant que l'invasion estivale soit passée, et la vue sur la moto, histoire de bien savourer pourquoi, comment on est là, et avec quel plaisir on y est arrivé quelles que soient, au fond, les conditions météo.

Rassasiée, je reprends la route pour suivre les superbes abords de la Vézère. Le temps, toujours aussi maussade, ne m'incite pas à sortir mon appareil photo. C'est dommage, l'endroit est superbe, entre habitats troglodytes, châteaux-forts et belles demeures en pierre perdues au détour d'un virage, sur une route fort peu fréquentée en cette fin de saison. La pluie fait ressortir les odeurs des sous-bois. Il doit y avoir des champignons dans le coin, l'eau m'en monte à la bouche. Tout est paisible et la nature semble respirer, rafraichie par cette eau qui semble avoir tant manqué cet été.

A Terrasson je fais le choix de petites routes de campagne plutôt que la bête nationale fréquentée par les camions et traversant de tristes zones commerciales jusqu'à Brive. Bien m'en prend : le bitume est correct, la route déserte tournicote et les paysages sont de toute beauté. Je poursuis ainsi par Larche, le Lac du Causse et jusqu'à Nespouls. Cinq kilomètres d'autoroute me ramènent ensuite à Noailles, d'où j'emprunte la belle D38 jusqu'à Beaulieu-sur-Dordogne.

Passage à Collonges-la-Rouge, la bien nommée...





Beaulieu apparaît fantomatiquement sur les rives de la Dordogne couverte de brouillard.



En remontant vers Argentat, la route est un peu séchante et je profite davantage des belles courbes. Ensuite le trajet jusqu'à Mauriac est assez monotone.
Un coup d'oeil aux montagnes me dissuade de passer par Salers et le col du Pas de Peyrol au Puy-Mary. J'ai déjà été surprise ici par une averse de grêle, ce n'est pas une expérience que je tiens à renouveller... Mais je m'en voudrais de ne pas profiter un peu des monts cantaliens. Je décide donc de passer par Riom-es-Montagne avant de redescendre sur Murat, pour mon étape nocturne.

Ce n'était pas une idée formidable. La pluie reprend et dans la montagne le brouillard s'en mêle. Les routes ont été copieusement arrosées de gravillons et pour finir je me trouve coincée derrière un camion. Pas franchement le bonheur. Je n'y vois pas grand-chose, il fait froid, ça glisse, je manque de peu le parapet d'un pont en tournant sur du gravier. Heureusement, à la vitesse où je me traîne, je ne me serais pas fait bien mal.

Ce qui s'apparente à une galère sans fin trouve toutefois sont point d'orgue sur les hauteurs de Murat. Une dernière petite virgule dans un rond-point un peu gras, et je peux laisser la moto dans le garage de mon oncle et me réconforter d'une bonne bière et d'un repas bien chaud en famille.

La suite au prochain épisode.

Toutes les notes