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08.09.2009

Pessac - Nürburgring, jour 1

C'est arrivé un peu par hasard. Claire, de passage à la maison, me propose de lui tenir compagnie lors de la manche allemande du Superbike. Le Nürburgring, c'est pas la porte à côté, et en ces temps de récession je trouve l'affaire assez peu raisonnable. Mais Sauval, sensiblement angoissé à l'approche de mon anniversaire ("mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir ?"), saisit la balle au bond et décide que ce voyage sera mon cadeau.

Bon, dans ces conditions, difficile de dire non.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais me faire un super road-book et en profiter pour aller voir des copains ! Ca tombe bien, l'Alsace est sur la traj' (enfin, la mienne...), depuis le temps que Robert et Marie nous proposaient d'aller les voir. Gilles m'envoie également un petit mot, le road-book est donc tout tracé : je passerai aussi par Thonon. :-)

La veille du départ, un coup d'oeil aux prévisions météo me fait beaucoup moins rigoler. Nous avons eu un été formidable et il va falloir en payer le prix : le temps annoncé sera dégueulasse sur tout mon itinéraire. Le soleil devrait revenir en même temps que moi. Gros soupir.

La moto est préparée, les bagages ficelés, nous sommes le 1er septembre et je me sauve sur les coups de 10h30.

Optimiste malgré le ciel maussade, je laisse la combinaison de pluie dans la sacoche de réservoir. Mon trajet me fait tout d'abord prendre la voie rapide jusqu'à Libourne. En arrivant aux abords de la ville, je croise des voitures visiblement mouillées. Ce n'est pas de bon augure, je m'arrête donc enfiler ma combi et, bien entendu, je ne la quitterai presque plus ces prochains jours...

Il pleut doucement sur les vignes du Pomerol, de Lussac et de Saint-Emilion. Je roule tranquillement dans les beaux paysages de l'Entre-deux-Mers. Une petite erreur d'aiguillage m'amène à Montpon-Ménestérol alors que j'avais prévu de la petite route jusqu'à Mussidan. Tant pis, je prends la roulante et retrouve la suite de mon itinéraire : Issac, Vergt, les Eyzies.

Il commence à faire faim, j'avise une petite sandwicherie à l'entrée du hameau touristique et engloutit un jambon (de pays) - fromage en devisant avec la taulière et un autochtone qui, indifférent au temps humide et frais, se descend une énorme glace. J'aime ces arrêts improvisés dans de petits établissements qui ne paient pas de mine ; une grande table en bois à l'abri d'une tonnelle, des gens du cru toujours prêts à discuter avec le touriste de passage, pour autant que l'invasion estivale soit passée, et la vue sur la moto, histoire de bien savourer pourquoi, comment on est là, et avec quel plaisir on y est arrivé quelles que soient, au fond, les conditions météo.

Rassasiée, je reprends la route pour suivre les superbes abords de la Vézère. Le temps, toujours aussi maussade, ne m'incite pas à sortir mon appareil photo. C'est dommage, l'endroit est superbe, entre habitats troglodytes, châteaux-forts et belles demeures en pierre perdues au détour d'un virage, sur une route fort peu fréquentée en cette fin de saison. La pluie fait ressortir les odeurs des sous-bois. Il doit y avoir des champignons dans le coin, l'eau m'en monte à la bouche. Tout est paisible et la nature semble respirer, rafraichie par cette eau qui semble avoir tant manqué cet été.

A Terrasson je fais le choix de petites routes de campagne plutôt que la bête nationale fréquentée par les camions et traversant de tristes zones commerciales jusqu'à Brive. Bien m'en prend : le bitume est correct, la route déserte tournicote et les paysages sont de toute beauté. Je poursuis ainsi par Larche, le Lac du Causse et jusqu'à Nespouls. Cinq kilomètres d'autoroute me ramènent ensuite à Noailles, d'où j'emprunte la belle D38 jusqu'à Beaulieu-sur-Dordogne.

Passage à Collonges-la-Rouge, la bien nommée...





Beaulieu apparaît fantomatiquement sur les rives de la Dordogne couverte de brouillard.



En remontant vers Argentat, la route est un peu séchante et je profite davantage des belles courbes. Ensuite le trajet jusqu'à Mauriac est assez monotone.
Un coup d'oeil aux montagnes me dissuade de passer par Salers et le col du Pas de Peyrol au Puy-Mary. J'ai déjà été surprise ici par une averse de grêle, ce n'est pas une expérience que je tiens à renouveller... Mais je m'en voudrais de ne pas profiter un peu des monts cantaliens. Je décide donc de passer par Riom-es-Montagne avant de redescendre sur Murat, pour mon étape nocturne.

Ce n'était pas une idée formidable. La pluie reprend et dans la montagne le brouillard s'en mêle. Les routes ont été copieusement arrosées de gravillons et pour finir je me trouve coincée derrière un camion. Pas franchement le bonheur. Je n'y vois pas grand-chose, il fait froid, ça glisse, je manque de peu le parapet d'un pont en tournant sur du gravier. Heureusement, à la vitesse où je me traîne, je ne me serais pas fait bien mal.

Ce qui s'apparente à une galère sans fin trouve toutefois sont point d'orgue sur les hauteurs de Murat. Une dernière petite virgule dans un rond-point un peu gras, et je peux laisser la moto dans le garage de mon oncle et me réconforter d'une bonne bière et d'un repas bien chaud en famille.

La suite au prochain épisode.

17:15 Publié dans Voyages et sorties | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ducati, moto, superbike

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