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19.02.2009
Old school
Face à la démesure et aux excès en tous genres que le progrès semble générer dans son sillage, laissant parfois à quai, le regard perturbé et le coeur angoissé, un vétéran du stylo plume à l'encre violette trop habité par un passé riche en écritures cursives pour tenter de s'approprier les miracles de l'ère numérique, il est rassurant de découvrir qu'il existe encore dans notre monde cyber-hystérique un havre de paix où l'informatique n'a pas encore totalement frappé.
Oui, cela existe encore. Je le sais, j'en viens.
Cela s'appelle la Caisse d'Epargne.
Titulaire d'un vieux, très vieux livret A en inactivité depuis... disons avant la disparition du franc, je me suis rendue ce matin à l'agence à l'écureuil la plus proche de chez moi, en toute logique, pour obtenir la clôture de ce livret et le versement des quelques 62,75 euros qui traînent encore dessus, résidus de fonds poche ayant accouchés de quelques centimes d'année en année.
Bien sûr, mon livret est toujours domicilié au paradis de mon adolescence : sous les palmiers de Bandol.
Ce qui, dans n'importe quelle banque, ne semble pas poser de problème, s'avère ici un obstacle insurmontable.
"- Le livret est domicilié à notre agence ?
- Non.
- Il faut que alliez à votre agence pour le clôturer.
- Ca va être difficile, c'est dans le Var.
- Je ne peux rien faire pour vous, (et attention, là, cher lecteur, tiens-toi bien) nous ne sommes pas reliés informatiquement avec le Var.
- (!!)...
- Ce que vous pouvez faire, c'est leur envoyer une lettre avec une copie d'une pièce d'identité en leur demandant de clôturer votre livret. Ils vous enverront un chèque de banque."
C'est fantastique ! Une banque à l'ancienne, où l'agence X ne peut pas communiquer avec l'agence Y. Un bon vieux fonctionnement à la papa, où ce qui est fait par l'un ne peut pas être défait par l'autre.
Je me demande même si le format du livret tel que je le connais, où les transactions étaient inscrites par une bonne vieille imprimante à aiguilles, dont le bruit reste pour moi éternellement associé au contentement enfantin de petites économies jalousement épargnées, je me demande si ce format n'a lui aussi toujours pas changé.
Je n'en saurai sans doute rien. Le facteur se chargera demain de tirer un trait sur ma petite épargne obsolète.
15:15 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Hélas, le livret rouge de nos enfances a disparu. Ouvrir aujourd'hui un livret A à la Caisse d'Epargne n'est plus qu'une question d'informatique, avec un pauvre papier mal imprimé en guise de reçu et un relevé semestriel.
Super cadeau pour un petit-fils : une feuille de papier... au lieu de ce petit livret, rempli de lignes vierges sauf la première : "dépôt par chèque... XXX €".
Et la clôture, où le guichetier annulait l'une après l'autre toutes les pages du livret avant d'en trancher le coin ?! Envolée au cimetière des formulaires !
Cela dit, c'est la même chose dans toutes les banques mutualistes (CE, Banques Pop, Crédit Agricole, ...) : Céline PAIE des frais quand elle retire de l'argent à un distributeur de sa banque, car "ce n'est pas la même région"...
Ecrit par : Jerome | 19.02.2009