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15.01.2009
Contrastes
1)
Rendez-vous ce matin à l'Assedic.
Immédiatement prise en charge, on m'installe dans un petit auditorium et on me fait visionner un film décrivant les services de l'Assedic, ceux de l'ANPE, mes droits et mes devoirs. A l'issue de ce film, j'ai mon rendez-vous. La conseillère, aimable, m'explique deux-trois autres choses et me programme un rendez-vous à l'ANPE.
C'est rapide, efficace, professionnel. Mais depuis que j'ai poussé la porte de l'Assedic, je n'ai pas encore eu le temps d'en placer une.
Finalement on en vient aux questions et je peux enfin lui dire que je compte créer mon entreprise. Avant qu'elle ne reparte dans un monologue, je lui dis ce que je sais des aides existantes - c'est toujours ça de pris. J'apprends qu'une nouvelle convention sera appliquée au 15 février, impossible de savoir à quelle sauce on sera mangé alors. Tant pis, je prends ce qui existe, ça me va très bien. Et puis on ne sait jamais.
A part quelques paperasses supplémentaires à fournir que le site internet a omis de mentionner, tout semble clair et simple à mettre en oeuvre. La mécanique est bien huilée, le personnel accueillant, je suis agréablement surprise.
2)
Cet après-midi je file au service des impôts des entreprises déposer mon P0i (formulaire de déclaration de début d'activité pour indépendant). C'est à la monumentale et tentaculaire cité administrative de Bordeaux.
A l'entrée du hall d'accueil, un vigile place mon permis de conduire au vestiaire - mesure Vigipirate, paraît-il (note : l'idée d'un attentat terroriste contre le fichier des déclarations d'impôt ou de la redevance audiovisuelle n'est pas pour me déplaire... :D ). A l'accueil, on m'oriente vers le 16ème étage et tout droit. J'ai le choix entre ascenseur rapide ou lent. Va pour le rapide.
Le 16ème est particulièrement calme. Service des impôts aux entreprises, je pousse la porte de l'accueil et me trouve nez à nez avec... personne. La pièce n'est même pas éclairée. J'attends une minute, toujours rien. J'entends des éclats de rire au loin, sur ma gauche. Je lâche un "bonjour" que je suppose assez bruyant. Rien. Je sors et décide de voir si je peux frapper à la porte d'un bureau, mais l'accès de ce côté-là est interdit. Je retourne à l'accueil. Ca rigole toujours dans les bureaux à côté. J'attends une pause dans les bruits de rire et de voix, puis de nouveau "bonjour !". Rien. Ca repart à rire de plus belle. Finalement, au silence suivant, je hurle "y'a quelqu'un ???".
Bruits de pas.
Un monsieur d'un certain âge, tout sourire, vient voir ce qui se passe.
"- Ah, enfin un être humain !
- Vous auriez dû vous manifester bruyamment, nous héler.
- euh... je l'ai fait.. ?
- que puis-je pour vous ?
- Bonjour Monsieur, je viens déposer un P0i.
- Vous êtes sur quelle commune ?
- Pessac.
- [charabia allemand]
- pardon ?
- vous voulez bien patienter un petit instant ? C'était de l'Allemand...
- Ah, je ne parle pas Allemand.
- Anglais peut-être ?
- Oui.
- Would you please wait a bit ?
- Sure. I'm not going to run away now."
Sourire du monsieur, fin de l'étrange conversation.
J'attends un peu, puis de nouveaux bruits de pas se font entendre, tandis que ça se bidonne à nouveau dans un bureau invisible.
Un autre monsieur d'un âge certain. Craignant les embrouilles, je lui explique de suite que j'ai préféré remettre le P0i en mains propres plutôt que de courir le risque qu'un fonctionnaire bien intentionné mais mal renseigné ne le fasse suivre à l'Urssaf sans le regarder : en effet, étant graphiste je serai assujettie à la Maison des Artistes pour mes cotisations sociales, et pas à l'Urssaf. D'où dépôt du formulaire au centre des impôts, et pas à l'Urssaf ou dans une chambre des métiers. C'est comme ça.
Ouf, le monsieur ne semble pas étonné, il prend mon P0i et me dit :
"- Attendez, je n'ai pas mes lunettes, je vais m'approcher de la fenêtre pour le relire.
- (Il n'y a pas l'électricité, dans cette pièce ??) Faites.
- ... Il n'y a pas la date de début d'activité... Ah, si, je ne l'avais pas vue... Bon tout est Ok, vous recevrez votre immatriculation d'ici 8 jours.
- Merci monsieur, bonne journée."
A entendre comme ça se poilait dans les bureaux, la journée sera surement gaie.
Je reprends mon ascenseur rapide et me retrouve en 8 secondes au rez-de-chaussée. Il y a pas mal de monde dans le hall, des gens attendent leur tour pour dieu sait quelle officine. Je me dis qu'ils ne sont vraiment pas emmerdés, au seixième. Peut-être une planque pour fonctionnaires proches de la retraite ?
Prochains épisodes : le rendez-vous avec la banque et le rendez-vous avec l'ANPE.
15:07 Publié dans bric-à-brac | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Ils n'embauchent pas au sixième par hasard ? Veux bien aller bosser là-haut, moi !
;-)
En tout cas, l'accueil aux ASSEDIC semble avoir fait des progrès, à moins que ce ne soit une question de région ! Ici, les gens s'en plaindraient plutôt.
Ecrit par : Régine | 16.01.2009