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27.11.2008

C'est ça, la vie ?

Lever à 6h, douche p'tit déj', et déjà dehors.

Marcher, vite, pour descendre à la gare. Là, le flot des bagnoles qui se tassent pour faire la queue au péage. Bruit, mouvement. Surtout, ne pas ralentir le rythme.

Acheter son billet, se faire marcher sur les pieds. Y'a plein de monde sur le quai, voilà le train qui arrive. Courir vers le wagon où reste une place assise. Des voyageurs qui essaient de finir leur nuit, d'autres qui discutent âprement du prochain match de l'OM.
Arrêt à toutes les gares du parcours. Aïe, pardon, laissez sortir les gens s'il vous plaît. Ca soupire, ça s'exaspère, ça se remaquille, ça évite surtout de regarder le voisin qui, de toute façon, contemple son reflet dans la vitre pas encore baignée par la lumière du jour.

Descendre du train en gare souterraine. Tout le monde descend ici de toute façon. Vite, encore. Flot ininterrompu des voyageurs convergeant vers la même sortie. Imaginer un instant le chaos si une personne venait à s'arrêter net. Marcher, toujours, ne pas ralentir.
Remonter l'interminable galerie en espérant la lumière du jour. Une bouffée d'air, c'est enfin la sortie. Bien inconscient qui tenterait de briser la marée humaine qui débouche des entrailles de la terre. La circulation, dense, cède à son tour et se plie au vent des marcheurs, costumes cravates, attaché-case, têtes baissées, tous avec la même destination, le quartier d'affaire.

Escaliers, escalators, immeubles à bureaux, ça se presse dans l'ascenseur, un bonjour faiblement articulé, la valse des étages, la musique lénifiante, les couloirs aux sons feutrés, le code d'accès, puis saluer les collègues, ça va, ouais et toi, ouais bon week-end, tranquille.

Midi trente, descendre à la cafétéria S*****. La queue pour prendre son petit plateau, la queue pour bouffer, la queue pour payer, s'asseoir à côté d'inconnus qui regardent leurs petits pois, manger vite, toujours vite, ranger son plateau, retourner au bureau faute d'avoir mieux à faire. Café. Il n'est que 13h.


C'est à Monaco, mais ça ne change rien : ça pourrait être Paris, Frankfort, Hong-Kong. Et je me demande vraiment ce que je fous là.

15.11.2008

Baptême

Malgré un temps plutôt maussade, je décide de me lever et d'aller au circuit pour la dernière journée roulage de l'année. Il ne pleut pas mais il fait très humide et le sol est mouillé. Sur le paddock, très peu de monde. Nous sommes en moyenne 10 par session.

Compte tenu des médiocres conditions d'adhérence, je m'attache à bien travailler mon déhanché pour prendre le moins d'angle possible. Ca roule tranquillement, je me cale sur un rythme enroulé pour ne pas trop solliciter les freins non plus. Le mouillé, c'est une bonne école pour corriger ses défauts et prendre le temps d'analyser sa position et ses trajectoires.

Tout va donc bien. Deuxième session, même exercice. La piste commence à sécher un tout petit peu, attention à ne pas s'enthousiasmer, c'est traitre.
Après quelques tours, je trouve le bon rythme, prudent mais un peu plus à l'attaque. Je suis dans la vitesse moyenne du groupe. Puis, sur un virage à droite, je me retrouve soudain plein angle : la roue arrière semble vouloir faire sa vie dans son coin. Rien à faire, la roue avant suit. Sans que je comprenne trop comment ni pourquoi, me voici à glisser sur la piste. Bizarre. Au bout d'un moment (très court, mais tout paraît se passer au ralenti), je me dis que ça peut aider si je lâchais les commandes de la moto. Je laisse donc Tromfette partir et je finis ma glissade dans mon coin. Je me relève de suite, m'assure que personne ne m'arrive dessus, puis court couper le moteur. Pas la peine, il est déjà éteint. Je me mets sur le côté, il y a drapeau rouge sur le circuit : forcément, la moto est en plein milieu de la piste !
Les commissaires se précipitent pour voir si je vais bien, pas la peine de faire venir l'ambulance. On redresse la moto, on le pousse sur le côté, je regarde les dégâts : pas grand-chose. Je redémarre puis rentre tranquillement au stand. J'aimerais bien repartir mais la session se termine et puis ce n'est pas très raisonnable sans avoir fait un examen approfondi de la casse. Au final : flanc de carénage droit un peu rayé, cligno droit HS, pédale de frein arrière cassée, poignée de frein avant un peu tordue. Les protections sur le carter et sur le bras oscillant ont fait leur office : elles sont bien entamées, l'investissement valait donc le coup ! Le tapis de réservoir a également préservé ce dernier.

La poignée de frein avant tordue me contraint à renoncer à reprendre la piste : il peut y avoir des criques internes, et si ça pète sur un freinage ça risque de faire un peu plus de dégâts...

Les commissaires insistent pour que je passe par la case Croix-Rouge. Je vais donc me faire soigner quelques bleus (deux à la main droite, un au coude). Je suis très contente de mon équipement qui m'a bien protégée, la protection métallique sur l'épaule du blouson est bien rapée, le blouson n'a quasiment rien, pas plus que le pantalon. Le slider de botte est en purée, celui du genou biseauté selon un angle curieux.

Rien de bien grave donc. Et le curieux sentiment, après le glissade, que "ça, c'est fait". Même pas peur. Même pas mal. :)

04.11.2008

La Toussaint dans les Pyrénées

Vendredi, 17h.

Le temps est légèrement pluvieux, on jette un dernier coup d'oeil à la voiture et on se dit qu'il faut vraiment être con pour aller se balader à moto sous un temps pourri. :D

Le trajet est très chiant vu que jusqu'à Lourdes, c'est tout droit. Cependant, avec la nuit, la pluie, des motos qui éclairent peu et/ou mal et une circulation très dense jusqu'à Pau, les virages ne nous manquent pas trop...
Le dernier tronçon sera d'ailleurs particulièrement difficile, faut pas s'arrêter sinon y'a de la buée dans le casque et on n'y voit plus rien.

Notre hôte du week-end, Christian, a le courage (il pleut toujours) et l'extrême gentillesse de nous retrouver à Arrens pour nous guider sur les 3 derniers kilomètres. Ce n'est pas du luxe, je ne suis pas sure qu'on aurait trouvé la bergerie sans son aide.

La dernière épreuve de la journée : passer le pont et franchir la dernière bosse et le dernier virage rendus copieusement glissants par la boue, sans se casser la gueule. Christian devra me pousser le derrière (enfin, celui de la moto plutôt !!!) pour me dégager d'un trou de boue, ce qui lui vaudra de repeindre ses vêtements de moto d'un marron du meilleur effet...

Il est 21h passées lorsque nous posons enfin nos bagages à la bergerie. Tout le monde (c'est-à-dire maman, Serge et 5 copains) est là et si le feu de cheminée ne nous avait pas réchauffés, il y avait dans les sourires et les embrassades largement de quoi le faire. :)

Pierre, se charge de nous réchauffer le dedans avec un mix cognac-schweppes tout-à-fait agréable. On se sèche, on papote, on passe à table : la garbure nous attend !



On déguste ensuite quelques trucs aux vertus purement digestives, et puis dodo.

Samedi

Réveil à 9h30. Ca fait du bien de dormir un peu !
La douche est bien chaude, le café aussi et, ô joie, il fait plutôt beau !



On se décide donc à emporter le casse-croûte, des fois qu'on se trouve un petit coin sympa au soleil pour pique-niquer.



On commence la balade par la recherche d'une boulangerie ouverte. Les baguettes bien à l'abri dans le top-case de la RT, on part à la découverte du cirque de Gavarnie. Malheureusement cela nous amène vers les nuages. La route est mouillée et il tombe quelques gouttes. Le paysage se cache un peu à nos regards. Tant pis, demi-tour.

On sort bien vite des nuages et l'allure est agréable tandis que la route est moins mouillée. On croise alors une voiture qui nous fait des appels de phare. Tiens donc, les gendarmes ?
Non, ce ne sont pas des gendarmes mais une file de voitures à l'arrêt. Aïe, on espère qu'il n'y a pas eu d'accident. La remontée de la file de voiture nous amène bientôt au pied du problème : deux gros rochers barrent la route que nous avons empruntée quelques instants plus tôt...





Quelques personnes sont déjà à pied d'oeuvre pour dégager ce qui peut l'être. Petites pierres, branchages, mottes de terre. Nous donnons un coup de main. Il y a la place de faire passer les motos, aussi nous remettons-nous en route.





C'est le moment que choisissent les gendarmes pour arriver sur les lieux et voilà qu'ils veulent empêcher Serge de passer, alors que nous sommes déjà tous de l'autre côté ! Serge profite de la confusion générale pour forcer le passage et nous rejoindre.

C'est reparti. Cette fois-ci nous nous dirigeons vers le soleil.
Nous montons vers Pierrefites, c'est joli et mais ne fait pas chaud là-haut ! Les routes sont peut-être mouillées mais les paysages sont de toute beauté et la p'tite Dayto ne s'en sort pas trop mal dans les épingles malgré mon appréhension des graviers et feuilles mortes mouillées.



Nous redescendons pour trouver une place de village accueillante où nous laissons les motos. Pique-nique dans le parc mitoyen. Saucisson, pâté, pain, fromage, fruits, il y a tout ce qu'il faut pour le bonheur du motard. Et de la motarde, car il y a même des WC.



Ensuite nous repartons vers le lac d'Estaing puis le col des Bordères. La route est sèche par endroits, voilà que Pierre met du gaz et que Jackie me double, sa passagère fermement accrochée. C'est quoi ce cirque ? Je passe la 2 (comment ça, j'exagère ?) et part en chasse de ce beau monde.

Une petite bourre, ça fait du bien ! On s'arrête à la sortie d'un beau virage et Pierre se positionne pour prendre des photos du reste du groupe, qui a dû s'arrêter cueillir des châtaignes tellement on les attend (comment ça, j'exagère encore ?).

Enfin, on achève cette belle journée de roulage par un dernier col où, après une montée bien agréable sur du sec, nous prendrons un chocolat chaud.





Quelques nuages se pointent dans la vallée, ça risque d'être bientôt humide. Il est temps de rentrer.

Ce soir, c'est confit de canard, haricots verts et châtaignes.

On se couche sensiblement plus tôt que la veille, comme c'est curieux !

Dimanche

Debout à 8h : il neige ! Et pas qu'un peu. Il y a déjà 10-15 bons centimètres de neige qui tient, et ça tombe à gros flocons moelleux. Bon, pour la balade c'est pas gagné.







Après le petit déjeuner, et comme ça ne se calme toujours pas dehors, Christian suggère que nous descendions les motos jusqu'à la route d'où elles pourront repartir quand le chasse-neige sera passé. C'est parti pour l'exercice matinal ! Tandis que les filles restent bien au chaud près de la cheminée, les garçons (sauf Patrick, qui dort toujours) se harnachent et s'arment de pelles pour dégager la neige du chemin.

La première épreuve consiste à amener les motos jusqu'après le pont. J'ai des souvenirs de Flatapak tandis qu'on se met à 3 par moto + pilote pour s'extraire du piège. Tant bien que mal, nous arrivons à faire traverser toutes les motos.



Ensuite il faut pelleter de nouveau, pour dégager un accès sur la route jusqu'à un petit terre-plein où stationne déjà une voiture. Patiemment, les gars préparent le terrain puis on peut à nouveau amener les motos une par une, soigneusement encadrées par leurs accompagnateurs.

Juste quand nous en avons fini, le chasse-neige fait son apparition... Pouvait pas se manifester plus tôt, celui-là ?

A présent la grosse angoisse c'est de savoir s'il va geler ou pas. Parce que si la route est bientôt praticable, la neige se calmant et se changeant vaguement en pluie, rien ne dit qu'elle le sera lundi.
Patrick et moi devons rentrer de toute façon, mais les autres doivent prendre une décision.

On appelle donc Richard qui nous fera la météo. Les températures resteront clémentes, tout le monde décide donc de rester.

Nous déjeunons des restes et de quelques saucisses de Toulouse au feu de bois. Heureusement qu'il y a la cheminée et le gaz, parce que le courant, lui, nous fait défaut depuis quelques heures déjà.

Toutes ces émotions n'entament pas la bonne humeur de l'assistance et on rigole toujours autant, en se disant que ça aurait quand même été dommage de rater ça.

Puis Patrick et moi rangeons nos affaires. La bise aux filles, les gars (et maman) nous accompagnent jusqu'aux motos. Le Mostro démarre toujours au quart de tour (sur ses deux cylindres !). La route est mouillée mais praticable. Bye-bye la Tonguerie !

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