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31.03.2008
Ouvrir les yeux
Depuis quelques jours, après le boulot - une prescription médicale se faisant nécessaire coup de pied au derche -, je m'octroie 30 minutes de marche vive. Je me suis donc tracé deux petits parcours : la cité Saige ou la gare SNCF. Avec quelques variantes.
J'aime bien marcher. Ce qui aurait donc pu être une corvée devient, au bout de quelques pas, un moment agréable. Et puis surtout, je découvre tout un tas de choses qu'on ne voit pas en voiture ou en moto. Des maisons, des jardins, des endroits insolites. Et puis des gens.
Samedi, c'était la cité. Entre les barres de béton, des espaces verts assez bien entretenus. Un parking, une voiture au capot relevé autour de laquelle s'affairent un couple âgé et un jeune homme. Des voisins qui discutent. Deux mères, l'une voilée l'autre pas, qui regardent en souriant leur progéniture engagée dans quelque jeu de chat et de souris. Une adolescente qui marche d'un bon pas, un sac de sport à l'épaule. Des gens un peu partout en fait, certains revenant du discount local, d'autres se dirigeant vers la boulangerie. Des jeunes attablés au bistro du coin, leurs scooters garé devant. Une femme qui mendie devant le marchand de journaux. Un vieil homme à sa fenêtre du deuxième étage.
Aujourd'hui, la gare SNCF. Pour le retour, je suis passée par le terrain vague que traverse le tram. Ce n'est plus un terrain vague, c'est un joli parc aménagé avec un sentier en bois pour les piétons et une piste cyclable. Il y a des arbres, des oiseaux, de l'herbe gorgée des dernières pluies. Les horaires du tram semblent encore un peu aléatoires : 3 rames se suivent à 2 ou 3 minutes d'intervalle en direction de la gare, quand une seule chemine vers Bordeaux. Je croise - presque - une dame qui préfère marcher sur la piste cyclable. Puis un couple âgé qui promène un gros chien noir. Ils me sourient, nous nous saluons.
Peut-être les recroiserai-je demain, à l'heure de sortie du chien.
19:22 Publié dans Rêveries | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.03.2008
Photo pour Claire
19:20 Publié dans bric-à-brac | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Flatapak 2008 : une sortie avec des beumistes ! (suite et fin)
Dimanche 23
Il fait décidément bien froid au réveil. Pas étonnant, nous découvrirons par la suite que l'électricité était HS quasiment toute la nuit. Du coup, s'il est difficile de se motiver pour sortir du lit tiède, la perspective d'une douche brûlante et d'un café chaud suffit à réveiller les ardeurs. Le soleil a l'air de vouloir s'inviter encore aujourd'hui, nous mesurons notre chance !
Arnaud fait grise mine : il a passé une partie de la nuit à se battre pour que nous, on puisse avoir une chance de dormir un peu au chaud. Sacré gaillard, j'espère que la journée qui s'annonce saura le consoler de cette nuit manquée.
Le premier souci de la journée, pour Patrick et moi, c'est de savoir si son Mostro va se décider à redevenir un bi. A froid c'est toujours un mono. Patrick décide malgré tout de tenter sa chance, apparemment lorsque le moteur est bien chaud la bobine récalcitrante se décide à se remettre au travail et la moto fonctionne normalement. Au pire on trouvera bien une place passager sur une de ces accueillantes béhèmes... :D Je lui propose bien la place passager sur ma Dayto, mais curieusement Patrick refuse énergiquement. Pas joueur !
Aujourd'hui le groupe 3 part en premier, devenant du coup groupe 1, et réciproquement. L'avantage d'être dans le groupe 2, c'est qu'on reste à notre place. :)
Comme hier, la balade s'annonce joyeuse. Les paysages sont toujours aussi merveilleux. Le Mostro de Patrick se décide à bosser à plein temps. Une petite erreur d'aiguillage nous contraint à faire un très court demi-tour : pas étonnant qu'on ait loupé l'embranchement, quand on voit la largeur de la route... Celle-ci nous mène à un petit village de pierre tout à fait charmant où nous prenons le temps de bronzer quelques minutes et faire quelques photos.

Patrick discute avec Jules, d'où il ressort que la route à venir mérite les honneurs d'une petite arsouille.
Lorsque le groupe 3 (enfin, le 1 d'hier, mais troisième aujourd'hui. Oh et puis zut, vous avez compris) nous rejoint, Patrick et moi laissons notre groupe prendre la tangeante et décidons de soutenir moralement Jules qui s'attache à proprement finir de fumer son cigare. C'est vrai quoi, on ne va pas le laisser tout seul au milieu d'un groupe plein d'inconnus. :D
La feuille de tabac à son terme, nous enfourchons nos montures et comme on ne voudrait pas que les autres s'inquiètent, nous faisons notre maximum pour rattraper le groupe.
Ah, zut, enfin je veux dire ouf, voici le groupe qui avance tranquillement. Jules s'arrête sur le bas-côté, nous l'imitons. Y'a surement un paysage à regarder par ici, un peu d'air frais à humer, une fleur à regarder pousser, enfin quelque chose quoi. :)
Quelques minutes de contemplation s'écoulent puis nous repartons en chasse. Cette fois-ci il nous faudra nous dépouiller pour arriver jusqu'à la pause suivante où nous attendent les autres. Ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas se perdre, quand même ! Quoi, j'ai la banane sous le casque ? Comment ça, on l'a fait exprès ? Boarf, 'sont de mauvaise foi ces motards, tout de même...
Bon là-dessus on fait retomber la pression, on attend que l'adrénaline retrouve son niveau normal, et on repart tranquillou après avoir bien rebranché le mode bucolique. Merci à Jules pour cette petite échappée, c'était revigorant ! ;)
La montée au col est agréable, pas trop de gravillons sur la route, les béhèmes passent comme un charme, le Mostro aussi, la Dayto.. comme elle peut, faut élargir quoi mais ça passe.
Soudain tout le monde s'arrête. Ah zut, de la neige devant. Conciliabule, instructions, puis chacun son tour on remonte doucement le rail dégagé entre deux tas de neige. C'est passé, victoire ! On peut atteindre le parking improvisé et faire quelques unes des plus exotiques photos du week-end.

Sauf que ça, c'était rien en fait. On ne fait pas 100 mètres de plus que cette fois-ci, c'est un véritable tapis de neige qui nous barre la route... Le groupe 1 (ou 3, je sais plus...) est toujours sur place, certains ont entrepris de dégager la neige à coups de bottes. Les discussions vont bon train. Quelques courageux tentent le passage mais la chûte (sans gravité, heureusement !) d'une moto nous contraint à changer les plans. On finit par scinder le groupe (1 + 2 + 3, je sais c'est difficile à suivre aujourd'hui) en 2 : ceux qui descendent le tas de neige à pied en poussant la moto, ceux qui décident de faire demi-tour. J'hésite un instant puis me greffe au groupe A, ou B, enfin peu importe, celui qui décide de faire demi-tour.
A ce moment du récit, si vous n'avez pas encore bien compris, les groupes sont éclatés dans tous les sens, j'apprends qu'il y en a même qui avait déjà quitté leur groupe plus tôt pour ne pas monter au col, enfin bref c'est un joyeux bordel mais il y a toujours un encadrement pour chaque groupe ou morceau de groupe, donc on devrait s'en sortir.
Le point de rendez-vous, c'est la pause casse-croûte à Buis-les-Baronnies.
Pour la descente, la consigne "bucolique" ne tient plus. Ca part à bon rythme devant, je me cale derrière Mazée qui enchaîne proprement les petits virolos, pas besoin d'ouvrir plus, c'est un régal de la suivre.
On s'attache toutefois à ne perdre personne en faisant de courtes pauses aux intersections, puis zou ça repart en essorage de poignée. C'est le panard intégral, on ouvre, on se jette en courbe, on fait grogner les moteurs, on espère aussi qu'il n'y aura pas de jumelles au bout du voyage... Mais jusque maintenant nous n'avons pas vu l'ombre d'un képi.
C'est donc une troupe le rose aux joues et le sourire crétin qui débarque à Buis, où attendent déjà ceux qui ont franchi le col et ceux qui avaient pris une autre route. Petit verre de rouge, pizza, sandwich, tartelette, un festin de plein air mais bigre qu'il fait froid ! Le casse-croûte englouti, des grappes de motards migrent vers le bistro le plus proche pour se réchauffer autour d'un café.
Un petit marché aux puces se tient sur la place, j'y fais un tour voir si je trouve une bobine pour le Mostro de Patrick où une jolie rampe de carbus, mais rien, ils n'y connaissent rien en belles chose par ici, pff !
Comme les mésaventures neigeuses ont sérieusement grignoté le timing de l'après-midi, la dernière balade est zappée et nous rentrons directement à Vaison.
Je m'octroie une petite sieste de 30 minutes avant de rejoindre quelques lascars déjà rassemblés autour de l'apéro, sous les chauffages au gaz. Rapidement la place est envahie par tous les copains, ce sont de nouveaux éclats de rire et commentaires salés qui fusent tandis que les bouchons et capsules sautent. On n'a peut-être pas chaud au corps, mais pour le coeur y'a de quoi chauffer quelques hectares. :)
Le dîner aux chandelles n'entamera pas la bonne humeur qui règne, bien que nous soyons tous affligés qu'Arnaud, Richard, Jean-Luc et quelques autres aient à se battre avec le gérant du camping pendant que nous festoyons. Nous espérons surtout que cela ne gâchera pas trop leur expérience du week-end parce que pour nous tous, il n'y a aucun regret.
L'EDF intervient et nous pouvons finir la soirée à l'éclairage électrique. Cela permet de localiser les bouteilles de bizarre, à défaut d'identifer clairement leur contenu. Les sucres au génépi confirment leur succès tandis que se vident les divers flacons de breuvages plus ou moins explosifs. Plus personne ne sait quel était le sujet de la conversation, peu importe, toutes les bêtises sont bonnes à dire et certains font preuve d'une grande imagination pour débiter de la connerie au mètre. Bref : un beau petit monde motard comme on l'aime. :)
Finalement, après un dernier verre de genièvre, je m'éclipse avec Serge et Régine. Hélas demain il faudra repartir. J'en aurais bien repris pour 1 ou 2 jours de plus...
Lundi 24
Réveil frisquet ce matin-là. Régine nous annonce que les motos sont couvertes de neige ! Je saute sous la douche puis sors faire quelques photos. Brrr ça caille vraiment aujourd'hui !

Nous prenons notre petit déjeuner parmi les derniers, mais pour certains le réveil semble avoir été encore plus difficile. Leng nous supplie de ne pas parler trop fort tandis que Tintin exhibe un marron monumental sur son front. Je pense que pour eux, la journée sera longue... :D
C'est un peu difficile d'envisager le retour, il était bien ce week-end.
Quelques personnes traînent en terrasse comme pour retarder encore le moment du départ. Les adieux se font à contrecoeur, d'autant que nous savons tous ce qui nous attend sur la route et que ça ne sera pas une partie de plaisir.
Finalement nous nous décidons, à notre tour, à faire nos bagages. Dernières bises et dernières embrassades, on se promet de revenir l'année prochaine.
Je quitte le "team bandolais" le coeur gros, car après tout on ne se voit pas très souvent. Mais j'ai trouvé fantastique de passer un week-end comme ça avec maman et Serge. Heureusement la prochaine occasion n'est pas trop loin : la Pentecôte en Haute-Savoie avec des ducatistes, cette fois-ci. :)
Béhème Jack est prêt, Patrick démarre en mode monocylindre, Tromfette est chaude, nous pouvons y aller.
Le vent nous chahutera jusqu'à Clermont-l'Herault, où nous quitterons l'autoroute. Puis ce sera le froid, le grésil, et pour finir la pluie. De nouveau l'autoroute à partir de Montauban puis tout droit jusqu'à Bordeaux, fatigués, partiellement mouillés, transis de froid. Après le péage, chacun s'en retourne vers ses foyers.
Nous arrivons vers 21h, le chat nous accueille et la cheminée reprend du service.
Les courtes vacances sont finies mais nous aurons la tête pleine de belles images pour nous endormir cette nuit...
16:10 Publié dans Voyages et sorties | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : moto
25.03.2008
Flatapak 2008 : une sortie avec des beumistes ! (update)
Vendredi 21
Il est 7h45, pour une fois Patrick et moi sommes dans les temps ; les bagages sont faits, les pneus sont neufs, les visières briquées, il n’y a plus qu’à tout ficeler sur les motos et attendre Béhème Jack. Je m’apprête à démarrer Biquette pour la faire chauffer un peu en cette froide et humide première journée de printemps.
Contact, le moteur s’ébroue avec sa verve habituelle, je souris déjà des bonnes sensations qui m’attendent, puis là c’est le choc : j’allume les lumières, et rien ne se passe. Ah si, le feu arrière fonctionne. Mais plus de feu de position, ni de code, ni de phare. Screugneugneu. Sur ces entrefaites, Béhème Jack arrive et comme c’est un garçon bien élevé, il ne se moque pas (tout de suite) des petites misères ducatistes… Sympa ! :D
Démontage rapide du biniou, changement d’ampoule : en vain, c’est la cosse qui est crâmée.
Du coup c’est le branle-bas de combat : en remplacement de Biquette j’ai le choix entre la Diva et Tromfette. Vue la gueule des routes qui nous attendent, je n’hésite pas trop longtemps et abandonne les grognements et les claquements orgasmiques de la Ducat’ au profit de la légèreté et de la facilité de la p’tite anglaise. Je me dépêche donc de vider mon sac pour répartir son chargement dans les 2 cavalières de Tromfette pendant que Patrick ficèle son barda sur son Bébé Mostro.
Finalement, à 8h45, nous nous mettons enfin en route.
Y’a pas à dire : quoi qu’on fasse, on part toujours en retard ! :D
Afin de serrer au plus près le temps le moins pourri possible, j’ai préparé un road-book vers le sud. On s’échauffe avec 80 bornes d’autoproute, puis de Marmande nous suivons une route plus ou moins sympa vers Cancon. Il pleut et rapidement je perds mes deux lascars dans les rétroviseurs : Patrick est en panne. Un grand classique que l’on croyait avoir résolu : la mise à l’air libre du réservoir que l’eau de pluie obstrue. Après une deuxième panne du genre et pour ne plus s’emmerder, Patrick finit par rouler avec le bouchon de réservoir déverouillé, la sacoche de réservoir posée dessus se chargeant de l’empêcher de s’ouvrir. Ainsi il y a assez d’air qui passe pour que le vide ne se fasse pas dans le réservoir.
Je me dis que, décidément, les Ducati nous font un gros caprice pour ne pas aller se mélanger avec des teutonnes. :D
Après Monflanquin, la route qui descend vers Tournon d’Agenais et Montauban est plutôt sympa. C’est mouillé mais c’est plaisant quand même, on se promet de la refaire un jour de temps sec.
La liaison Montauban – Castres est très chiante, on s’arrête à Lavaur pour casser la croûte dans un petit bistro qui nous prépare, pour 3 euros, une demie-baguette fraîche bourrée de pâté local et de cornichons croquants.
Ca réconforte !
Après Castres puis Mazamet, on arrive sur une très jolie route toute viroleuse… qu’il nous faudra malheureusement faire sous la pluie. Quelle frustration ! Mais après Lamalou-les-Bains, le temps se dégage, le vent sèche la route et, sans qu’on n’y soit pour rien tellement nous sommes des gens raisonnables, les motos décident de se tirer une bourre. Pff, c’est pas de bol. Voilà que les 3 européennes nous entraînent à toc dans de belles courbes rapides : on sent bien que la Dayto veut limer les bords de ses pneus, que le Mostro cherche à frotter ses pots et que les cylindres de la R veulent voir l’enrobé de plus près. On ne va pas contrarier les machines non plus, alors on laisse faire. :)
A Clermont l’Hérault on redescend sur Montpellier puis on chope l’autoroute pour ne pas arriver trop tard à Vaison. Le trajet se finira au sec mais à la sortie d’Orange, je nous paume, un motard local (en Beumeu !) nous remet sur une route, on cafouille encore, Béhème Jack est obligé de dégainer son GPS, puis finalement après une jolie petite route viroleuse on débarque à Vaison et si on avait le moindre doute, il suffisait de regarder la clientèle de la station Super U pour savoir qu’on était arrivé.
Il y a là en effet un troupeau de beumistes fourbus mais souriants, ils ont l’air d’en avoir bavé aussi mais les mines réjouies et les salutations qui fusent augurent de la qualité du week-end. :)
Procession jusqu’au camping où nous attendent des tas de gens souriants. On laisse les motos en vrac n’importe où, on descend, on serre des pinces, bise des joues, on se connaît pas c’est pas grave, ah tiens si cette tête-là je la connais, c’est ma môman, et voilà Serge pas loin derrière.
Bon on ne va pas rester planté là non plus, j’ai cru comprendre qu’il y avait à boire quelque part, le temps de monter la moto, décharger les bagages, sauter dans un jean et zou, c’est l’heure de l’apéro.
Certaines têtes sont faciles à reconnaître, pour d’autres le badge avec le pseudo et l’avatar est le bienvenu. Super idée !
Je laisse Patrick au rayon pastaga, Béhème Jack a déjà un verre en main, moi je me jette sur une pauvre bière qui n’avait rien demandé. Ca discute, ça papote, cylindre par-ci, casque par-là, on se croirait à un rassemblement de motards.
Comme il fait malheureusement plutôt froid dans ces contrées reculées où le soleil ne brille jamais, nous devons nous tasser dans une petite pièce pour le dîner. Pas grave, ça tient chaud et puis comme ça on peut plus facilement piquer dans l’assiette du voisin quand il ne regarde pas.
Les plus motivés attaqueront le bizarre à l’issue du repas tandis que Régine, Serge, Patrick et moi-même déserterons lâchement pour une bonne (et fraîche) nuit de repos (mais non sans avoir goûté les fameux sucres au génépi avant, quand même !).
Samedi 22
C'est épouvantable, il paraît que le petit déjeuner est à huit heures ! Heureusement que Régine et Serge nous tirent du lit parce que même en semaine je ne me lève pas aussi tôt. C'est quoi ces cadences infernales ? :D
Heureusement et en dépit d'une météo pessimiste, le soleil est de la partie et semble prêt à briller une bonne partie de la journée. Youpi !
Café-croissant avalé, à 8h45 tout le monde est fin prêt pour le briefing. La consigne du week-end, c'est balade bucolique. La moyenne de la journée, pauses incluses, déclarée en préfecture est de... 33 km/h. Je me demande un instant si je ne me suis pas trompée et si je ne suis pas arrivée dans une manif FFMC. :D
Trois groupes d'une grosse quinzaine de motos sont constitués. Nous rejoignons le groupe 2. Le premier groupe part à l'aventure puis 10 minutes plus tard, c'est notre tour.
Les moteurs chauffent gentiment sur les premiers kilomètres, l'asphalte semble bien sec, l'air est frais mais agréable. La journée promet donc d'être belle !
Rapidement, les premiers paysages nous sautent aux yeux ; au détour d'un virage, sur une petite route étroite serpentant dans la campagne, au coin de la rue d'un hameau : rocs et forêts s'épousent sous un ciel bleu à peine souligné de quelques nuages. L'arrêt photo s'impose et je comprends très vite pourquoi la moyenne doit être modeste. Je n'ai même pas envie de rouler plus vite, il y a tellement de choses à voir !

A Suzette, la pause qui devait être brève s'éternise un peu. Robert et sa RT se chargent de nous faire patienter en musique tandis que l'on attend le groupe 3. Le bruit d'un moteur attaquant la côte du village nous pousse à renfiler le casque et les gants : les voilà !
Et c'est sous le regard ébahi d'une quinzaine de motards prêt à chambrer le groupe retardataire qu'un paysan quelque peu supris, au volant de son tracteur, fait son apparition. :D
La rigolade terminée, Jules part en reconnaissance pour voir où en sont les autres. Il revient peu après et nous pouvons nous remettre en route, tout va bien.
Les petites routes se succèdent aux petits virages. Patrick semble en perdition, que se passe-t-il ? Réponse à la pause suivante : le pneu avant semble anormalement dégonflé. Avec Jules pour guide, je laisse mon homme filer vers un garage salutaire tandis que le groupe se remet en marche vers l'étape suivante.
Je suis littéralement ensorcelée par la beauté des lieux et Tromfette ne rechigne pas à prendre les épingles malgré son rayon de braquage de camion. Heureusement qu'elle est légère et facile. Nul doute qu'avec la Diva, j'aurais dû manoeuvrer ! :D
Nous chassons le groupe 1 d'un parking improvisé au détour d'un virage puis profitons du soleil pour bronzer un peu. Bientôt des moteurs se font entendre plus bas dans les gorges. Mmh... ça ne ressemble pas à du bicylindre. En effet, un petit groupe sur diverses montures nippones passent au taquet devant nous, ceux-là ne sont pas venus pour regarder les abeilles butiner ! :)
Peu après, c'est Jules qui déboule pleine bourre suivi d'un Patrick debout sur les freins pour ne pas manquer le parking. Ils auraient pété la moyenne du groupe que ça m'étonnerait pas, ces deux-là ! :D
Tout va bien, on peut se remettre en route.
Nous arrivons à Méthamis où nous retrouvons le groupe 1 confortablement installé, un verre de quelque chose à la main.
De grandes tables sont dressées dehors, là, comme ça, au soleil, en plein milieu de la rue. Cool ! Le groupe 3 arrive à son tour et tout le monde profite de l'apéro en s'étonnant encore de la clémence du temps.
La délicieuse odeur d'un Chili maison vient flatter nos narines. Il est temps de passer à table !
C'est un moment de pur bien-être, assis là devant au soleil devant un beau paysage, avec plein de copains qui racontent plein de bêtises et qui rigolent. :)
Bon faut pas trop regarder en haut de la rue, où toutes les motos sont garées : y'a (presque) que des béhèmes ! :D (fallait bien que j'en sorte une de ce style, non ? Non ? Ah, bon...)
Après la glace (ils sont joueurs, les restaurateurs !) et le café, c'est reparti. Cette fois-ci les nuages ne sont pas loin... On garde un oeil en coin vers le ciel tandis qu'on soigne ses trajectoires de l'autre. Euh non, finalement vaut mieux garder les deux yeux sur la route, étroite et parfois un peu traitresse (gravillons).

C'est la neige qui nous chassera du beau point de vue suivant. Heureusement nous retrouverons vite le soleil un peu plus bas et la journée s'achèvera comme elle a commencé : au sec.
En revanche Patrick nous gratifiera avant la fin de la journée d'une invention de son cru : le bicylindre qui se transforme en mono. Ou alors c'est la Ducati qui, privée de ses compagnes de route habituelles, se met partiellement en grève. Toujours les mêmes qui bossent : c'est le cylindre arrière qui assurera le retour du Sauval au bercail.
Il faudra ressortir les motos pour aller dîner ce soir. J'ai la flemme, un coup de barre, mes règles, les oreillons, dieu sait quoi, ce qu'il ne faut pas inventer pour se faire emmener en SDS et avoir ainsi une bonne excuse pour picoler quand même. Je serre donc fort Patrick dans mes bras et zou, sur son mono-bi nous descendons en ville.
Après avoir vainement cherché Vaison dans les ruines romaines et avoir longuement débattu de la meilleure façon de s'occuper avant le repas, tout le monde se décide à aller voir le pont romain, histoire de faire dans la culture. Il fait vraiment de plus en plus froid et l'heure de passer à table est accueillie avec soulagement. Le dîner est fameux et fait oublier le froid qui cherche à s'engouffrer sous les tentures de la terrasse couverte (chauffée) où nous avons nos quartiers. Toutefois, c'est un groupe de motards frigorifié qui fait son retour au camping - toujours sur un seul cylindre, pour Patrick et moi-même.
Direct au dodo. Va falloir se tenir chaud, la nuit sera longue.
(à suivre)
18:40 Publié dans Voyages et sorties | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moto
20.03.2008
Flatapak J-1
Pluie et froid au programme du week-end. C'est vraiment pas de bol, surtout vue la saison pourrie qu'on a eu l'année dernière : pas une sortie sans pluie.
Bon en même temps faire une concentre moto aux premiers jours du printemps, c'est un peu hasardeux...
Je vais emmener mon jeu de tarot. :-/
(edit)
Au vu des conditions météo pour demain, le road-book est changé.
En gros, autoroute jusqu'à Marmande, puis Fumel, Montauban, Lavaur, Castres, Mazamet, St Pons, Bédarieux, Montpellier, autoroute jusqu'à Orange puis Vaison.
Pfff...
14:40 Publié dans Voyages et sorties | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : moto
16.03.2008
Mérignac-les-Bains
Premier roulage de l'année sur le circuit de Mérignac.
Malgré le temps plus que maussade, nous sommes présents au rendez-vous.
La piste est mouillée et il se met à pleuvoir. Je ne me dégonfle pas, enfile la combinaison de pluie sur le cuir et fais mes premiers tours de roues. L'avantage du mauvais temps, c'est que nous sommes très peu dans la session (6 ou 7). L'inconvénient... ben c'est que c'est mouillé !
Je roule doucement et prends des trajectoires très larges. Très tendue au début, je finis par me relaxer un peu après quelques tours et commence à trouver ça plaisant, même si l'allure est faible et les virages très lents. Je m'applique à déhancher autant que je peux pour éviter d'incliner la moto. Je prévois des courbatures pour demain...
Curieusement, les quelques petites glissouilles de l'arrière me paraissent peu inquiétantes, ça va tout seul.
Après un répit de temps sec, la pluie revient pour notre deuxième session. Pas grave, j'ai pris le pli. Mais celle-ci dure 20mn et je fatigue beaucoup, entre le stress et l'effort redoublé sur le déhanché. Je sors avant la fin.
Pour l'après-midi le temps se dégage et nous commençons notre troisième session de la journée sur du séchant. Ca va déjà beaucoup mieux, je reste prudente mais prends un peu de vitesse et des trajectoires plus étudiées.
Les deux dernières sessions seront bien sèches : il est temps de se faire plaisir !
Comme j'ai débridé la moto hier, je profite progressivement des 23 chevaux supplémentaires : cela se ressent surtout dans la parabolique avant le bout droit. J'en sors plus vite grâce au supplément de watts et du coup j'atteins plus rapidement une vitesse élevée. Mon freinage au bout du droit n'a pas encore retrouvé le niveau de l'année dernière mais j'ai quand même déjà battu mon record personnel... d'un km/h ! L'ordinateur mémorise en effet une vitesse max de 206 km/h. Youpi ! :)
Au final, une bonne journée. Et puis maintenant j'aurai moins peur du mouillé !
18:33 Publié dans Piste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moto, daytona, triumph, 675
10.03.2008
Flatapak J-11
Bientôt le premier gros week-end de la saison !
Je pense nous préparer le road-book suivant :
- on trace sur Sarlat ou Cahors : quelle que soit l'option, on prendra du roulant histoire de gagner un peu de temps sur la journée quand même, et puis faut bien laisser les petites routes locales pour la balade du dimanche.
- Si Sarlat : Souillac, Rocamadour, Figeac
- Si Cahors : vallée du Lot (St Cirq Lapopie), Figeac
- après, de Figeac : Maurs (Cantal), Montsalvy, Entraygues (Gorges du Lot), Estaing, Espalion, St Geniez d'Olt, la Canourgue, Ste Enimie (Gorges du Tarn), Florac, Alès par la N106 (moins panoramique que la Corniche des Cévennes mais plus roulant et plein de beaux virolos !), Orange, Vaison-la-Romaine.
Si la météo est de la partie, ça devrait être fantastique. :)
19:18 Publié dans Voyages et sorties | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : moto
08.03.2008
Essai BMW R1200R
Rendez-vous pris, je file chez Stand33 pour un essai… d’une demie-heure ! Je bougonne intérieurement car ce n’est pas beaucoup et compte-tenu des routes dans le coin, ça va être difficile de se faire un avis exhaustif. M’enfin bon, je ne vais pas me plaindre non plus, chez Ducati c’est, depuis peu, encore pire.

Prise en main
Après une petite revue de détail (arf crotte, y’a toujours ces commodos de cligno bizarres), j’enfourche la belle et m’assieds mollement sur l’accueillante selle (confort, en option). L’assiette est réglée pour la plus grande taille, ce qui me convient. Du haut de mon perchoir, je ne vois pas ma maison mais presque.
La moto chauffe tranquillement, j'apprécie les sensations délivrées par le boxer au point mort, ça cogne gentiment et ça chatouille comme il faut.
Pour la position, pas de grosse différence avec la 1150, tel que je m’en souviens. En revanche rien qu’en s’asseyant on sent le poids en moins ! Autant la 1150 m’avait donné (à l’arrêt) l’impression d’une grosse vache, autant la 1200 me semble être revenue d’une cure amincissante. Les jambes se logent toujours bien contre le réservoir, sans avoir les genoux écartés. Ca, c’est toujours aussi bien !
Bon je n’ai pas toute la journée, alors je ne fais que survoler le tableau de bord : compte-tours, vitesse, ordinateur de bord (en option) avec l’heure, le kilométrage, la température d’huile, le niveau d’essence et le témoin de vitesse engagée.
Hop, c’est parti.
Le moteur
… ah ben non.
Impossible de verrouiller la première. Pas de panique, on va faire comme sur une Ducati rétive (le premier qui dit "pléonasme".. ) : petit coup de gaz en avançant un peu et grosse claque sur la commande de boîte. Voilà, ça y est, c'est passé. Cette fois-ci c'est parti.
Alors que je passe la 2 tout en essayant de me dépatouiller de ce p*tain de commodo de cligno qui ne s'est pas encore éteint (paraît que les clignos s'éteignent tout seul maintenant), je me fais surprendre par la niaque du moteur. Bigre ! C'est qu'il a du couple le lascar ! Bon, on va éviter de faire 2 choses à la fois. D'abord gérer le moteur, ensuite on s'occupera des clignos.
Rapidement, je m'étonne que les sensations ressenties à l'arrêt se dissipent dès qu'on roule un peu. Bah alors ? Ils sont où les cognements, les grognements et les vibrations ? Là ça ronronne tout gentiment, sans plus. Elle est trop bien élevée, cette moto.
J'attends que le moteur monte en température sur un petit bout de rocade et je me dirige vers la route du Médoc. Je n'aurais sans doute pas le temps d'aller jusqu'à Macau mais ça sera déjà mieux que de ne faire que de l'autoroute ou de la ville.
Moteur chaud, je commence à tester les plages de régime, d'abord de façon naturelle en enroulant tranquillement. Le moteur me semble à son meilleur entre 2500 et 6000 tours. Ca pousse bien mais de façon veloutée, sans violence. Il y a toutefois comme un léger creux autour de 4000 tours, je me suis même dit "quoi ? Déjà ?" et puis en fait non, quand on reprend à 5000 ça redécolle et pareil à 6000. Bon. Au final, l'impression d'un moteur mieux rempli que son prédecesseur, mais peut-être aussi encore plus (trop ?) velouté. C'est bien doux, tout ça.
On va voir ce que ça donne en mode brutasse.
Ca tombe bien, y'a un caisseux qui se traîne devant moi. Va falloir doubler rapidement. J'ouvre les gaz en grand et Paw !! le moteur répond sans broncher et me propulse, sans à-coup. Je serre les jambes parce que je n'avais pas tellement anticipé le couple à ce point, et ce serait dommage que je me retrouve assise à la place du passager.
Là, ça devient rigolo. Du coup je m'amuse à taquiner les gaz à différents régimes de départ, pour voir. Du couple t'en veux, y'en a. Sauf toujours, curieusement, vers les 4000 tours. Bizarre. Enfin bon si, il y en a quand même, mais moins.
Bref, ça patate quand il faut, mais je reste toujours un poil frustrée de l'absence de sensations moteur et de la douceur générale - ce sont certainement des qualités pour ce type de moto, c'est juste moi qui ne suis pas compatible.

Freinage et partie-cycle
Alors là, question freinage, que du bon. Bien sûr le freinage est couplé. Mais c'est bien fait et on oublie très vite de se servir du frein arrière. La moto est parfaitement équilibrée et s'arrête en un clin d'oeil avec un mordant efficace sans être désagréable. Et puis surtout c'est immédiat, ça répond de suite. Bravo ! Le système Telelever est égal à lui-même : parfait. C'est un vrai bonheur de conserver une bonne rigidité d'ensemble et une assiette stable sur un gros freinage ou dans les courbes.
Malheureusement, compte-tenu du type de routes, je n'ai pas vraiment l'occasion de tirer la quintessence de la partie-cycle et je reste donc sur une impression approximative : efficace sans être non plus particulièrement ferme, mais c'est peut-être (probablement ?) dû aux réglages qui ont été faits et que je n'ai pas retouché. J'aurais bien aimé un arrière un peu plus dur.
L'agilité quant à elle est toujours au rendez-vous. Le centre de gravité me semble moins bas, mais c'est peut-être parce que je suis en réglage d'assiette haute. Qu'importe, la 1200 se gausse des grandes courbes comme des petits rond-points serrés : fingers in ze nose. Y'a qu'à demander, même pas à réfléchir : la moto prend sa courbe comme il faut et se redresse tout aussi facilement. On a presque envie de danser la valse pour voir.
En conclusion
Oserais-je dire que j'ai été un peu déçue ? Autant la 1150 m'avait surprise, autant ici j'avais l'impression, malgré un poids plus léger et un moteur plus rempli, d'avoir perdu en sensations. Alors certes, c'est bien sûr une très bonne moto clairement conçue pour ne pas se fatiguer au long cours tout en s'amusant avec un moteur bien coupleux et une partie-cycle efficace. Il est même probable que je sortirais moins crevée de 10 heures de route avec elle qu'avec mon poumon italien. Mais... Mais.
Ce n'est pas une moto pour moi. J'aime trop quand ça grogne et cogne et qu'on ouvre les gaz comme on a envie de mordre.
Ce boxer-là est bien trop poli pour mes mauvaises manières.
Sinon, un bon point pour l'accueil chaleureux et les conversations passionnées du personnel de Stand33. Ca donne envie d'acheter une moto chez eux. Mais ça ne sera sans doute pas une R1200R.
17:10 Publié dans Moto : essais et opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moto
04.03.2008
Frozen Grand Central
Si vous n'avez pas encore vu ça...
20:15 Publié dans bric-à-brac | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
