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08.03.2008

Essai BMW R1200R

Rendez-vous pris, je file chez Stand33 pour un essai… d’une demie-heure ! Je bougonne intérieurement car ce n’est pas beaucoup et compte-tenu des routes dans le coin, ça va être difficile de se faire un avis exhaustif. M’enfin bon, je ne vais pas me plaindre non plus, chez Ducati c’est, depuis peu, encore pire.



Prise en main
Après une petite revue de détail (arf crotte, y’a toujours ces commodos de cligno bizarres), j’enfourche la belle et m’assieds mollement sur l’accueillante selle (confort, en option). L’assiette est réglée pour la plus grande taille, ce qui me convient. Du haut de mon perchoir, je ne vois pas ma maison mais presque.
La moto chauffe tranquillement, j'apprécie les sensations délivrées par le boxer au point mort, ça cogne gentiment et ça chatouille comme il faut.
Pour la position, pas de grosse différence avec la 1150, tel que je m’en souviens. En revanche rien qu’en s’asseyant on sent le poids en moins ! Autant la 1150 m’avait donné (à l’arrêt) l’impression d’une grosse vache, autant la 1200 me semble être revenue d’une cure amincissante. Les jambes se logent toujours bien contre le réservoir, sans avoir les genoux écartés. Ca, c’est toujours aussi bien !
Bon je n’ai pas toute la journée, alors je ne fais que survoler le tableau de bord : compte-tours, vitesse, ordinateur de bord (en option) avec l’heure, le kilométrage, la température d’huile, le niveau d’essence et le témoin de vitesse engagée.
Hop, c’est parti.

Le moteur
… ah ben non.
Impossible de verrouiller la première. Pas de panique, on va faire comme sur une Ducati rétive (le premier qui dit "pléonasme".. ) : petit coup de gaz en avançant un peu et grosse claque sur la commande de boîte. Voilà, ça y est, c'est passé. Cette fois-ci c'est parti.
Alors que je passe la 2 tout en essayant de me dépatouiller de ce p*tain de commodo de cligno qui ne s'est pas encore éteint (paraît que les clignos s'éteignent tout seul maintenant), je me fais surprendre par la niaque du moteur. Bigre ! C'est qu'il a du couple le lascar ! Bon, on va éviter de faire 2 choses à la fois. D'abord gérer le moteur, ensuite on s'occupera des clignos.
Rapidement, je m'étonne que les sensations ressenties à l'arrêt se dissipent dès qu'on roule un peu. Bah alors ? Ils sont où les cognements, les grognements et les vibrations ? Là ça ronronne tout gentiment, sans plus. Elle est trop bien élevée, cette moto.
J'attends que le moteur monte en température sur un petit bout de rocade et je me dirige vers la route du Médoc. Je n'aurais sans doute pas le temps d'aller jusqu'à Macau mais ça sera déjà mieux que de ne faire que de l'autoroute ou de la ville.
Moteur chaud, je commence à tester les plages de régime, d'abord de façon naturelle en enroulant tranquillement. Le moteur me semble à son meilleur entre 2500 et 6000 tours. Ca pousse bien mais de façon veloutée, sans violence. Il y a toutefois comme un léger creux autour de 4000 tours, je me suis même dit "quoi ? Déjà ?" et puis en fait non, quand on reprend à 5000 ça redécolle et pareil à 6000. Bon. Au final, l'impression d'un moteur mieux rempli que son prédecesseur, mais peut-être aussi encore plus (trop ?) velouté. C'est bien doux, tout ça.
On va voir ce que ça donne en mode brutasse.
Ca tombe bien, y'a un caisseux qui se traîne devant moi. Va falloir doubler rapidement. J'ouvre les gaz en grand et Paw !! le moteur répond sans broncher et me propulse, sans à-coup. Je serre les jambes parce que je n'avais pas tellement anticipé le couple à ce point, et ce serait dommage que je me retrouve assise à la place du passager.
Là, ça devient rigolo. Du coup je m'amuse à taquiner les gaz à différents régimes de départ, pour voir. Du couple t'en veux, y'en a. Sauf toujours, curieusement, vers les 4000 tours. Bizarre. Enfin bon si, il y en a quand même, mais moins.
Bref, ça patate quand il faut, mais je reste toujours un poil frustrée de l'absence de sensations moteur et de la douceur générale - ce sont certainement des qualités pour ce type de moto, c'est juste moi qui ne suis pas compatible.



Freinage et partie-cycle
Alors là, question freinage, que du bon. Bien sûr le freinage est couplé. Mais c'est bien fait et on oublie très vite de se servir du frein arrière. La moto est parfaitement équilibrée et s'arrête en un clin d'oeil avec un mordant efficace sans être désagréable. Et puis surtout c'est immédiat, ça répond de suite. Bravo ! Le système Telelever est égal à lui-même : parfait. C'est un vrai bonheur de conserver une bonne rigidité d'ensemble et une assiette stable sur un gros freinage ou dans les courbes.
Malheureusement, compte-tenu du type de routes, je n'ai pas vraiment l'occasion de tirer la quintessence de la partie-cycle et je reste donc sur une impression approximative : efficace sans être non plus particulièrement ferme, mais c'est peut-être (probablement ?) dû aux réglages qui ont été faits et que je n'ai pas retouché. J'aurais bien aimé un arrière un peu plus dur.
L'agilité quant à elle est toujours au rendez-vous. Le centre de gravité me semble moins bas, mais c'est peut-être parce que je suis en réglage d'assiette haute. Qu'importe, la 1200 se gausse des grandes courbes comme des petits rond-points serrés : fingers in ze nose. Y'a qu'à demander, même pas à réfléchir : la moto prend sa courbe comme il faut et se redresse tout aussi facilement. On a presque envie de danser la valse pour voir.

En conclusion
Oserais-je dire que j'ai été un peu déçue ? Autant la 1150 m'avait surprise, autant ici j'avais l'impression, malgré un poids plus léger et un moteur plus rempli, d'avoir perdu en sensations. Alors certes, c'est bien sûr une très bonne moto clairement conçue pour ne pas se fatiguer au long cours tout en s'amusant avec un moteur bien coupleux et une partie-cycle efficace. Il est même probable que je sortirais moins crevée de 10 heures de route avec elle qu'avec mon poumon italien. Mais... Mais.
Ce n'est pas une moto pour moi. J'aime trop quand ça grogne et cogne et qu'on ouvre les gaz comme on a envie de mordre.
Ce boxer-là est bien trop poli pour mes mauvaises manières.

Sinon, un bon point pour l'accueil chaleureux et les conversations passionnées du personnel de Stand33. Ca donne envie d'acheter une moto chez eux. Mais ça ne sera sans doute pas une R1200R.

17:10 Publié dans Moto : essais et opinions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moto

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