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06.08.2007

Paris au mois d'août

Le premier choc, c'est ce ciel bleu, si rare même les jours de beau temps.

Et puis il y a les flots de voitures chargées d'individus et de bagages en transhumance estivale, direction sud, lentement mais calmement, tandis que nous nous enfonçons sans difficulté dans la capitale qui se vide.

Les quais de Seine éclatent au soleil - comment ne pas se croire dans la plus belle ville du monde devant tant de majesté -, façades Renaissance dominant de leur pompe leur propre reflet trouble dans le fleuve qui a vu passer les siècles de leur histoire tourmentée.

La tour St Jacques se cache derrière un échafaudage, le temps d'une toilette en détail.

A pied, nous descendons le canal St Martin. Quelques rares enfants, encore prisonniers de la grande ville, jouent à l'ombre des arbres, sous le regard patient de parents accablés par la chaleur.
Des parisiennes en bikini s'oublient au soleil, sur le gazon d'un parc déserté même par les pigeons.

Même la place de la Bastille tourne au ralenti. Les Velibs s'y font plus nombreux que les voitures.

Dans le Marais, il faut faire la queue devant "la" gelateria à ne pas manquer. Cornet en main, on cherche un coin d'ombre où se poser pour savourer la glace qui nous coule déjà sur les doigts.

Sur les berges, c'est Paris Plage. On descend se mêler à la foule d'estivants artificiels. Là, je ne comprends pas et ne comprendrai sans doute jamais cet instinct grégaire qui pousse les gens à se tasser quinze à la douzaine sur un mètre carré de sable, quand la place ne manque pas sur le frais gazon des parcs. La queue des affamés devant l'unique barraque à frites bouchonne la circulation pédestre ; là aussi, pourquoi attendre 20 minutes dans une foule compacte pour se payer à prix d'or un mauvais hot-dog, quand il y a tant de bistrot ou falafels à quelques pas ? Le Parisien privé de vacances à la mer cherche sans doute à maintenir l'illusion de n'être pas vraiment ici, pas vraiment maintenant.

Le soir, on dîne dans un petit troquet sympathique (enfin, 13 euros la brandade de morue, on voit qu'on est à Paris, hein). La patronne monte un peu le volume de la sono, un couple danse au bar, ici on rit, là on fredonne.
Le petit rouge de Touraine se déguste sans modération, on est bien.

Dimanche, c'est encore plus désert. Réveil tardif, déjeuner paresseux, on ne se déplacera que pour aller poser une couverture sur l'herbe du petit parc voisin, face au canal St Martin. Ca ne vaut pas les longues plages de l'Atlantique, mais ne rien faire, pour une journée, c'est quand même agréable.

Finalement je quitte la ville sans regret. Paris sous le soleil d'été, c'est bien. Mais malgré ses efforts acharnés pour s'arracher, le temps d'une illusion, à sa condition de capitale, cela reste une grande ville aux horizons bouchés, vomissant ses flots de visages fermés à chaque bouche de métro, gavant de culture pour occuper l'esprit et de boutiques chics pour occuper le porte-monnaie, les citadins privés de grands espaces, de champs fleuris, de forêts odorantes, de reliefs éternels.

L'avion me ramène vers cette grande ville de province un peu guindée et un peu chiante, mais dont les murs s'ouvrent sur l'océan et les fleuves remontent aux sources d'une Auvergne dont on sent presque, déjà, l'odeur de gentiane et de champignons.

10:57 Publié dans Rêveries | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Paris, tourisme

Commentaires

> Elise : t'es venue et t'as rien dit ???!!!

Ecrit par : Jerome | 06.08.2007

Bon... 1) je voulais passer un peu de temps avec des amies que je n'avais pas vues depuis plus de 2 ans,
2) j'ai pensé que tu devais être à Metz... :-s

Ecrit par : Elise | 06.08.2007

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